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Chana Tova, Barbara, de Karine Naccache

12 février 2009 | PAR marie

chana-tova La famille Mandel a l’habitude de passer les fêtes juives en famille. Cette année, autour de la table de Roch Hachana, le grand-père sceptique aux blagues lourdes, voire antisémites, son épouse, dynamique agente immobilière et grand-mère scrupuleuse dans la préparation des rites, Marc, juif traditionaliste qui ne saurait transiger le nettoyage de Pessah, Valérie, la narratrice, maîtresse d’école au caractère bien trempé qui, sans l’avouer, comprend le scepticisme de son père… A ce noyau dur, il faut rajouter conjoints et conjointes, enfants (ou petits-enfants). Seule manque à l’appel Barbara. Pour la première fois, la fille aînée des Mandel n’est pas à table avec les siens pour Roch Hachana.

Devant sa photo, sa cadette (et narratrice), Valérie, broie du noir… Sa grande soeur a toujours été son modèle, à 10 ans à 20 et 30 ans, elle admirait secrètement sa beauté lumineuse, « naturelle » sans être « nature« , sa silhouette fine, son regard frondeur et son « élégance décontractée ». Elle aimait que sa grande et protectrice soeur vienne la secouer quand elle, pendant les fêtes, végétait sur le canapé. L’enthousiasme de Barbara, sa gaîté, son tempérament de leadeuse contraste aujourd’hui avec sa soudaine disparition. Certes, les Mandel sont plutôt pudiques, mais de là à garder le silence pendant plusieurs semaines, plusieurs mois….

Avant la disparition de Barbara, les fêtes du calendrier juif étaient une manière de rassembler les membres du troupeau dispersés. En dépit des divergences entre sceptiques et traditionalistes, les rites soudaient les Mandel, rassemblaient petits et grands autour d’une histoire commune, de croyances partagées ou de rassurantes habitudes. Si bien qu’en l’absence de Barbara, Valérie commence à douter de la nécessité de ce partage…. Bien plus pesants que l’absence, les non-dits : la narrtrice ne sait combien de temps elle pourra se composer un visage de bonne mère, d’adulte responsable, quand les enfants, eux, ont la chance, pour Pourim, d’être véritablement déguisés.

Comme son personnage principal, Karine Naccache est une pédagogue maîtresse. Tout en racontant avec tendresse l’histoire de la famille Mandel, elle présente les différentes fêtes du calendrier juif, explique, citations à l’appui, leurs origines historiques, leurs fondements théologiques. Et, en enserrant ce « cours de religion » dans l’histoire de Valérie, la romancière humanise les rites, brosse, pour les néophytes, un tableau touchant mais sans complaisance de ce que certains appeleraient au singulier (et donc mal à propos), la « famille juive ».

« A l’époque où j’ai commencé à enseigner, on nous appelait encore institutrices. C’est comme pour les juifs, avant on disait israélite. maintenat on dit juif. mais ça ne change pas grand-chose à l’affaire. Ca fait toujours deux agendas de plus à tenir. » p9.

Chana tova, Barabara, Karine Naccache, JC Lattès, 277 p, 18 euros

Félicitations à nos 5 gagnants du jeu concours qui remportent le livre :

-Alexandra Pebre

-Mickael Grave

-Mikael Durif

-Nadège Touchet

-Eric Jamier

 

Passionata fait son show à l’exposition David Lachapelle
Giorgio de Chirico, au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
marie

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