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George Sand, fille du siècle, un album trop monotone

George Sand, fille du siècle, un album trop monotone

29 juillet 2021 | PAR Laetitia Larralde

Séverine Vidal et Kim Consigny s’attaquent à la figure de George Sand dans une bande dessinée biographique qui manque malheureusement de profondeur.

Née en 1804, Aurore Dupin, qui deviendra George Sand, est une figure marquante du XIXème siècle. Entre sa jeunesse à Nohant, sa grand-mère imposante, son divorce et ses amours libres, sa carrière littéraire prolifique entre Paris et le Berry, son engagement politique, sa tenue masculine et la myriade de personnages célèbres qui l’entourait, sa vie tant personnelle que professionnelle a été riche et mouvementée, menée tambour battant, souvent à contre-courant. Et Séverine Vidal et Kim Consigny nous en proposent ici un aperçu conséquent.

L’exercice de la biographie n’est pas simple, et ce d’autant plus quand il s’agit d’un personnage comme George Sand, n’est pas Catel et Bocquet qui veut. Comment rendre le foisonnement de sa vie sans tomber dans un excès encyclopédique ? Malheureusement, les autrices n’ont pas su éviter l’écueil de l’accumulation chronologique. Elles traitent toute la vie de George Sand, sans se concentrer plus particulièrement sur un aspect ou un autre, et l’on se retrouve avec une succession d’épisodes plus ou moins courts qui finissent par nous perdre dans la lassitude de la répétition.

Dès lors, on suit une histoire qui pourrait être sous-titrée « amourettes et socialisme » tant les amants et les épisodes politiques se succèdent rapidement, sans que l’on ait le temps de s’y attarder. On a l’impression que les autrices partent du principe que le lecteur connait déjà la vie de George Sand et son contexte historique tant certains épisodes manquent de mise en situation. On aperçoit également son œuvre et les différentes facettes de son travail d’écrivain, on capte ses idées féministes, on appréhende sa pensée très en avance pour son époque, mais rien ne ressort particulièrement. Même le dessin de Kim Consigny, pourtant beau et élégant, fini par lasser, atteint lui aussi par un certain manque de rythme et finissant de nous ancrer dans une monotonie trop uniforme.

Plutôt que de chercher l’exhaustivité, se focaliser sur un ou deux aspects précis aurait été plus efficace pour rendre compte de la richesse et la profondeur de cet esprit hors normes. Même si le résultat est louable dans son intention de rendre hommage à une femme exceptionnelle et représente une masse de travail très importante, il manque malheureusement la petite étincelle qui lierait le tout et ferait pétiller l’album.

George Sand, fille du siècle, de Séverine Vidal et Kim Consigny
344 pages, 24,95€ – Delcourt

Visuels : © Éditions Delcourt, 2021 – Vidal, Consigny

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Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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