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« Dryades », une fable urbaine

« Dryades », une fable urbaine

08 juillet 2018 | PAR Laetitia Larralde

Dans son premier album, Tiffanie Vande Ghinste nous entraîne à la suite de deux êtres mythologiques s’appropriant et enchantant la ville et ses habitants.

Yacha, jeune libraire bruxelloise, mène une vie grise et solitaire, uniquement colorée par ses lectures et son imagination. Suite à une annonce pour louer une chambre, elle rencontre Radica, électron libre juste échappé de l’emprise d’un ogre qui la séquestrait en haut d’un chêne. À elles deux elles vont devenir une sorte d’être magique, une divinité guérisseuse de plantes et d’êtres humains qui va illuminer et ensorceler la ville et ses habitants.
Leur impact, à base de ressuscitation sauvage de plantes mortes, de dessins à la craie sur les murs et de médecine naturelle, reste certes à une petite échelle mais agit comme une fleur prise entre deux pavés. Elle n’est pas à sa place, mais fait sourire les passants qui la voient fleurir dans un environnement hostile, juste préoccupée de vivre, et fait naître une envie de liberté. D’abord discrètes, évoluant dans un milieu bienveillant et majoritairement féminin, l’apparition des hommes les transforme en sorcières. Ces hommes ne sont là que pour protéger leur pouvoir ou servir leurs intérêts, hurlant à l’hystérie à la moindre rébellion féminine. Et bien que le qu’en-dira-t-on fini par avoir raison d’elles, l’espoir d’une vie plus authentique et douce reste vivant.

Tiffanie Vande Ghinste nous offre un conte urbain frais et poétique. Les plantes prolifèrent comme par magie tandis que les dessins s’animent sur les murs et quittent leurs pages pour aider leurs créatrices, deux jeunes nymphes de la forêt. Associant mythes grecs et croyances du Moyen-Age transposés dans notre quotidien urbain, l’autrice déplore notre distanciation d’avec la nature et notre corps. Elle prône la création, un retour au manuel, une reconnexion avec nos sensations. Son style, au crayon gris avec des touches de vert et de rouge, rappelle un peu celui d’Isabelle Arsenault.
Même si certains aspects sont un peu manichéens, que le trait est forcé par moments, Dryades est une belle fable qui donne envie de s’approprier la ville et de lui insuffler un peu de magie.

Dryades de Tiffanie Vande Ghinste, La Boîte à Bulles – sortie mars 2018

Visuels : extraits officiels pour la presse

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Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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