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Jazz à Vienne présente la jeune garde

Jazz à Vienne présente la jeune garde

08 juillet 2018 | PAR Jérôme Avenas

Merveilleuse fête du jazz, le festival international met en avant de jeunes artistes issus de la nouvelle génération de musiciens. Cette année, entre autres, brillent Cory Henry et Christian Sands.

Ils ont une énergie folle et des idées géniales. Les musiciens de la nouvelle génération se sont présentés sous leur meilleur jour ce soir du 4 juillet sur la scène de Jazz à Vienne. Sous un ciel menaçant, aux couleurs d’encres grises, ils ont contenu le souffle d’un orage qui éclatait au lointain.

Ouverture de soirée avec le groupe Badbadnotgood, originaire de Toronto. Le public de Jazz à Vienne avait pu déjà les entendre en 2013. Quatre musiciens aux allures de lycéens : Matthew Tavares (claviers), Leland Whitty (saxophone), Chester Hansen (basse) et Alexander Sowinski (drums). Beaucoup d’inventivité dans le set proposé, des moments planants et une très belle cohésion.

À la nuit tombée, c’est au tour de Cory Henry & The Funk Apostles d’enflammer la scène. Du feu, pur qui démarre comme une gerbe éclatante avec une reprise de Stayin’ alive des Bee Gees absolument parfaite, enivrante, survoltée. Cory Henry, 31 ans, a débuté sa carrière en officiant comme organiste (il a notamment travaillé avec le pasteur Kirk Franklin). À ce niveau de génie dans la décontraction, on ne peut plus dire que Cory Henry est à l’aise : il navigue à vue devant son Hammond B3. Il faut dire, qu’en bon capitaine, il sait s’entourer des bons matelots. Les voix de Denise Stoudmire et Tiffany Stevenson sont vibrantes. Elles accompagnent à merveille le timbre ténorisant de Cory Henry. C’est lorsqu’il interprète Prince qu’on peut se dire qu’il est déjà un très grand musicien. On suivra l’évolution de sa carrière avec beaucoup, beaucoup d’intérêt.

Entendre Christian Sands évoquer le pianiste Erroll Garner à l’occasion d’un point presse est très émouvant. Le jeune pianiste de 29 ans a fait partie du Erroll Garner Project mené par la pianiste Geri Allen décédée l’année dernière. Récemment, Christian Sands a été contacté suite à la découverte dans un garde-meubles de deux cartons d’archives personnelles appartenant au génial pianiste disparu en 1977. Il y en avait en réalité 170 et Christian Sands a maintenant la responsabilités de ces archives, papiers et contrats en passant par des enregistrements (et même des vêtements !). Celui pour qui « le rythme est le battement de cœur de la vie » est à surveiller de très près. Immense intelligence comme en témoigne son jeu mais aussi son propos, hyper-sensibilité, finesse, il a tout pour plaire.

Photos : Cory Henry ©DR Badbadnotgood ©DR Christian Sands ©Anna Weber

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Jérôme Avenas

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