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Jazz à Vienne, inoubliable soirée avec Stacey Kent et Jamie Cullum

Jazz à Vienne, inoubliable soirée avec Stacey Kent et Jamie Cullum

09 juillet 2017 | PAR Jérôme Avenas

Le 5 juillet, la scène de Jazz à Vienne recevait Stacey Kent et Jamie Cullum pour une soirée phénoménale de jazz vocal. Les voix de l’américaine et du britannique ont accompagné le vol des hirondelles au-dessus du théâtre antique de Vienne. Un moment de magie pure.

Jazz à Vienne est une expérience artistique unique. Le lieu d’abord, chargé d’histoire, mais aussi le ciel, ses couleurs qui se mélangent avec celles de la scène pendant le coucher du soleil, et l’exigence d’un programme (2017 ne déroge pas à la règle) riche, métissé. Le 5 juillet, Stacey Kent partageait la scène avec Jamie Cullum. Une affiche d’exception pour un concert inoubliable.

Stacey Kent, la grâce d’une voix sublime

Quatre musiciens autour d’elle, Stacey Kent a commencé son concert en rendant un tendre hommage à son mari, Jim Tomlinson (aux saxo(s) et flûte traversière) et leur plaisir de faire de la musique ensemble. Émouvant. Il faut tout le talent de la chanteuse américaine pour faire d’un amphithéâtre où se retrouvent 7000 spectateurs une salle intime, écrin parfait pour une voix délicate qui ne bannit pas le mordant. Habillée de rayures marines, Stacey Kent a été portée par les eaux clémentes de compositions d’Antonio Carlos Jobin, de Jim Tomlinson, de Gainsbourg, de Joao Bosco… Du très beau, joué par des musiciens exceptionnels aux solos chaleureusement applaudis. À la fin, on pouvait se dire que décidément, même (hélas) souffrante (des quintes de toux entre chaque numéro), Stacey Kent envoûte. Le petit grain qu’ajoutait une bonne crève à la voix poudrée n’a jamais compromis la musicalité, la grandeur de la musicienne. On aurait voulu lui crier « merci ! »

Jamie Cullum, il jouait debout sur le piano

Changement d’ambiance. La nuit est tombée, les lumières de la scène éclatent dans l’obscurité. Si l’on est décidément moins fan de Jamie Cullum, on ne peut que s’incliner devant l’énergie prodigieuse de l’artiste. C’est aussi cela, Jazz à Vienne : venir pour un artiste que l’on adore, rester pour celui qui partage la scène et changer, peut-être radicalement, l’image qu’on a de lui. Qu’il reprenne Rihanna (« Don’t stop the music »), qu’il chante les tubes qui ont fait son succès,  qu’il interprète un standard comme « What a difference a day makes », Jamie Cullum occupe la scène. Musicien hyperactif, il danse, sautille, monte sur le piano, plaque un accord de la main gauche, tient son micro de la main droite. Chanteur omniprésent, il bluese, il rocke, il jazze, il rit, il hurle, il murmure et quand il s’écrie que Jazz à Vienne est le meilleur festival au monde, on ne peut qu’être d’accord avec lui.

Visuels : © Diane Sagnier (photo de Stacey Kent) © Etienne Mc Virn (photo de jamie Cullum)

 

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Jérôme Avenas

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