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Barracuda Tome 2 : Cicatrices

Barracuda Tome 2 : Cicatrices

05 décembre 2011 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

Scénarisé par Jean Dufaux et illustré par Jérémy

Voici enfin la suite de cette passionnante histoire de pirates, vous pouvez même pour l’occasion découvrir les planches originales à la galerie Napoléon (voir notre article à ce sujet ci-dessus). Plus violent et sadique encore que le premier tome, le second a pour maître mot la vengeance de la jeune génération qui prend la relève. Maria veut faire payer à Ferrango, le marchand d’esclaves, ce qu’il lui a fait subir. Raffy, le fils d’adoption du pirate Blackdog doit faire ses preuves face aux railleries des autres pirates. Seul Emilio trouve une sérénité paradoxale dans son rôle de fille chez l’étrange monsieur Flynn.

Le scénario de Jean Dufaux séduit plus que jamais que ce soit dans la manière cynique dont est présentée la cour et l’église espagnole, dans le traitement sans concession des personnages dont aucun défaut n’est laissé dans l’ombre mais également dans son humour noir avec le personnage de Ferrango, par exemple. Niveau dessin, Jérémy frappe très fort dans ce tome en commençant par une première page incroyable au décor d’une splendeur écrasante. Le choix des couleurs attire également notre attention, en particulier pour le capitaine Morkam, en couverture du tome 2 qui marque son entrée dans l’univers de Barracuda, il parait directement surgir des ténèbres de par la noirceur complète tant physique que vestimentaire de sa venue. Violence et érotisme continuent de se manifester, ni le scénario ni le dessin ne laissent vraiment de temps mort dans l’action, nous vivons l’aventure au grand galop avec les héros et anti héros, il y a sans doute plus de ces derniers que des premiers d’ailleurs.

La violence, la haine et le désespoir animent Maria comme Raffy. Des éléments du passé des personnages principaux apparaissent progressivement au grand jour et viennent nous passionner. La profondeur psychologique des héros vient des tourments qui habitent leurs âmes à cause de ce qui s’est produit jadis dans leurs vies. Ces cicatrices laissées par les blessures que les personnages se sont infligés appellent aux châtiments : Ferrango souffre mille morts de son amour non partagé par la belle Maria, son ancienne esclave devenue sa femme qui l’humilie à son tour, Flynn doit affronter la souffrance que son égoïsme a causé tant aux autres qu’à lui-même. Maria, Emilio et Raffy se reconstruisent mais à quel prix ?

Dans cette île maudite, les portes de l’Enfer s’ouvrent en permanence et personne n’est épargné. Le montage de la fin de ce tome surprend : il est plus cinématographique encore que le reste de la bande dessinée et présente un parallèle captivant entre deux fortes scènes d’action. Le bain de sang semble ne faire que commencer, difficile de dire à l’issue de ce tome qui va sortir indemne de ce carnage. La convoitise, qui est l’appât premier des pirates, semble les rendre maudits et appeler sur leurs têtes les pires abominations : peut-être n’est ce que justice mais attendez vous à avoir le sang qui se glace en lisant cette bande dessinée qui  tient en haleine à chaque page.

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Sandrine et Igor Weislinger

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