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BD : Pablo, la biographie de Picasso en images

BD : Pablo, la biographie de Picasso en images

18 mars 2012 | PAR Yaël Hirsch

Prix du premier album à Angoulême pour « Aya de Yopougon » (2006) et secondé par la fine Julie Birmant pour les textes, Clément Oubrerie ose dessiner la vie de Picasso. La série s’appelle « Pablo » et le premier volume de la tétralogie s’intitule « Max Jacob » du nom du poète et ami du génial immigré espagnol. Fin, beau et passionnant!

Au tout début du 20e siècle, Pablo Picasso débarque à Paris avec son collègue et compatriote Carlès Casagemas. Ils découvrent la bohème qui n’a presque pas changé depuis Henri Murger. Même en ne baragouinant que quelques mots de français, femmes et premières ventes tombent pour Pablo. Et même chez Vollard! Éperdument amoureux d’une femme volage, le sanguin et romantique ami  Casagemas met fin à ses jours. Très choqué, Picasso récupère sa maîtresse avant de sombrer dans une vie plus solitaire. Bourreau de travail, il entre dans une période plus mélancolique qui déplaît à ses marchands et à son public. Un peu plus âgé et très cultivé, le généreux poète Max Jacob tombe amoureux de l’homme et de l’artiste Picasso. Le poète héberge le peintre : ils partagent le même lit l’un dormant le jour, l’autre la nuit. Max Jacob travaille pour deux, jusqu’à ce que Picasso puisse à nouveau emménager seul. Max déménage alors dans le fameux immeuble de Montmartre auquel il trouve un nom : le Bateau-Lavoir. Il a pour voisine une ravissante jeune-femme qui a fui une adolescence de Cosette et un mariage terrible avec un vieil époux jaloux pour devenir modèle de peintres pompiers. Elle change jusqu’à son nom et se fait appeler « Fernande ». Par Max, Picasso rencontre Fernande et, dès lors, lui fait une cour assidue…

Raconté du point de vue de la belle Fernande, les premières années parisiennes du jeune Picasso sont restituées en leur jus, avec délicatesse et romantisme. A travers la figure du peintre espagnol, c’est toute une époque que Julie Birmant et Clément Oubrerie parviennent à retrouver. Un peu à la manière du « Pascin » de Joan Sfar (L’association, 2005), ils n’hésitent pas à appeler un chat un chat et montrer dans une lumière crue la nudité des corps et de la misère. Et également la saveur de l’amitié entre artistes, à travers la figure attachante et trop souvent oubliée de Max Jacob. Scrupuleux sur les faits historiques (quand Picasso et ses collègues parlent en espagnol, les bulles sont de couleur grise!), ils parviennent avec classe et classicisme à nous apprendre beaucoup de choses sur un sujet que l’on croyait bien connaître. Comme il se doit, l’on referme le volume 1 avec un soupir, impatient de lire la suite des aventures du peintre-héros.

« Pablo », volume 1 « Max Jacob », de Julie Birmant et Clément Oubrerie, Dargaud, 86 p., 16.95 euros. Sortie le 27 janvier 2012.

visuel : copie d’écran youtube de le bande-annonce que vous pouvez voir ci-dessous.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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