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Banquises, de Vanlentine Goby : sur les traces glacées d’une soeur disparue au Groenland

Banquises, de Vanlentine Goby : sur les traces glacées d’une soeur disparue au Groenland

18 août 2011 | PAR Yaël Hirsch

L’auteure des superbes « Corps en silence » (Gallimard, 2010, voir notre critique) est de retour en cette rentrée 2011avec un roman qui avance comme une épopée glaciaire à travers le souvenir. Une enquête sur une sœur disparue, portée par l’écriture quasi-parfaite de l’auteure. Sortie le 18 août chez Albin Michel.

27 ans après la disparition de sa jeune sœur de 22 ans, Sarah, lors d’un voyage à Ummannaq (Groenland), Lisa décide de faire le voyage vers le Nord sur les pas de celle qu’il faut bien déclarée morte. Une enquête qui la mène à revenir sur le moment étrange de la disparition, un peu avant et beaucoup après, sur la douleur expressive  de la mère et sur celle, plus silencieuse du père. Voyage intérieur plus que baroudeur, malgré les conditions extrême, cette épopée vers le nord est aussi une façon pour Lisa de reconsidérer la place qu’elle a dû tenir au sein de sa famille disloquée par la mort sans corps de Sarah.

Nouant son intrigue par uen série de flash-backs et multipliant les ressentis, Valentine Goby déconstruit son roman qui n’est ni un thriller, puisqu’il n’y a pas de fin mot de l’histoire, ni un récit de voyage, puisque le Pôle Nord révèle simplement les silences et l’impact fin et saccadé de l’absence. La disparue s’étant consacrée à la musique, ce grand froid familial se déroule comme un requiem en petites touches, qui révèle tout un monde condamné à périr. Superbe et très justement exprimé, « Banquises » est paradoxalement moins intime que le précédent opus, « Des corps en silence », ce qui pourrait lui coûter le grand prix littéraire que l’écriture de l’auteure mérite.

Valentine Goby, « Banquises », Albin Michel, 247 p., 18 euros. Sortie le 18 août 2011.

« La mère enfante. la veille de l’anniversaire de Sarah, elle se couche tôt, rabat sur elle la couette, lampe de chevet allumée et fixe le rond blanc du plafond. Elle se souvient. le matelas aux draps beiges. Les paravents beiges. la douleur sur le coup pervertissait les sens et probablement, alors, elle n’aurait pas su dire ce qu’elle voyait, entendait, ni décrire les lumières, les odeurs, absorbées par les contractions de son bas-ventre. les draps beiges, cette image est venue bien plus tard. Maintenant elle se rappelle.« 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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