Cinema
Whisky, dollars et meurtres : welcome back to Atlantic City

Whisky, dollars et meurtres : welcome back to Atlantic City

07 décembre 2012 | PAR Ainhoa Jean Calmettes

Les gangsters de Boardwalk Empire reviennent pour une troisième saison sur Orange Ciné Série le 9 décembre à 20h40. Trafics, corruption, malversations, assassinats. Tout reste permis. Rien n’a vraiment changé à Atlantic City.

Etats-Unis,1920. Le Volstead Act vient d’être signé, la prohibition étend ses ailes et les grands de ce monde célèbrent cette nouvelle ère en buvant…du whisky. L’alcool n’a jamais cessé de couler mais il est devenu une mine d’or pour les trafiquants en tout genre. Politiciens, business man, wannabes, tout le monde veut sa part du gâteau et entend la défendre avec son Colt. Nucky Thompson – formidable Steve Buscemi – le premier.

Boardwalk Empire ne trace pas seulement les tenants et les aboutissants d’une entreprise de bootlegging. Bien sûr, la série se délecte de détailler le fonctionnement de cette économie souterraine rythmée par les trahisons et les coups de feu. Mais cette trame semble davantage un prétexte pour offrir au spectateur un panorama de la société américaine des années 20. La galerie de personnage, particulièrement étoffée, permet d’évoquer aussi bien la puanteur politicienne, les bas fonds criminels de la société, que la question cruciale des rapports raciaux ou la progressive émancipation de la femme.  Tout en s’affirmant comme des archétypes sociaux – Nucky le politicien véreux, Elias le shérif corrompu, Charlie Luciano le gangster, Margaret la femme entretenue, Chucky White le self made man afro-américain, Richard la gueule cassée… – les personnages dépassent leurs propres clichés en affichant leurs constitutives contradictions. A ce titre, l’invention d’un personnage tel que Van Alden, agent de prohibition parfaitement intègre mais frôlant constamment la folie est un coup de génie.

Depuis le bain de sang final de la saison 2, un an a passé. Les empires d’Arnold Rosthein à New York et de Johnny Torrio à Chicago se consolident. Nucky Thompson continue de faire la pluie et le beau temps à Atlantic City même si son mariage avec Margaret commence à battre de l’aile. Elias Thompson vient de sortir de prison. Quant à Gillian Darmody, elle a transformé la villa du Commodore en maison close. L’héroïne, nouvelle promesse commerciale, a fait son apparition sur le marché et un énième ennemi est entré dans la course aux dollars. Tout reste néanmoins trop fidèle à soi-même sur le boardwalk.

Parfaitement stylisé, chaque épisode – véritable petit film à lui tout seul – nous plonge avec brio dans l’ambiance feutrée des années folles. Décors, costumes, bande originale, rien n’est laissé au hasard. Une nouvelle preuve, si besoin il en était, que HBO a le monopole du réalisme et de l’esthétisme en matière de série. Il faut l’avouer pourtant : malgré toutes ces qualités, on commence un peu à s’ennuyer.

 

 

 

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Ainhoa Jean Calmettes

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