Cinema
Westwind : Allemagne, les éternelles jumelles

Westwind : Allemagne, les éternelles jumelles

29 novembre 2011 | PAR La Rédaction

Le festival du cinéma allemand qui s’est déroulé du 23 au 29 novembre au cinéma l’Arlequin à Paris nous a réservé bien des émotions. Il a su avec grâce et imagination rendre hommage à ce lieu mythique du 7e art qui depuis 1934 émerveille les cinéphiles et sur lequel l’ombre de Jacques Tati, jadis propriétaire, plane encore.Une programmation résolument moderne, violente, pertinente et poétique qui nous laisse admiratifs de cette Allemagne dont l’histoire ne cessera jamais de nous intriguer comme si chaque année elle cherchait aussi obstinément son zéro. C’est d’ailleurs le film qui a fait l’ouverture de ce festival dont nous aimerions aujourd’hui vous faire écho : Westwind de Robert Thalheim.

Troisième long métrage de ce réalisateur berlinois né en 1974, « Westwind » rejoint désormais l’émouvant « Tout ira bien » (Netto) et « Puis les touristes », sélectionné au Festival de Cannes  en 2007 (Un certain regard). Pour son dernier film Robert Thaleim dévellope avec finesse un domaine de recherche multi-thématique : gémellité, nostalgie, premiers sentiments amoureux pour mieux nous tisser sa toile de fond narrative : l’Allemagne. En effet comment ne pas pas penser à cette Allemagne déchirée une fois de plus par une politique absurde quand nous voyons deux mains nues s’offrir aux premiers émois amoureux mais que le barbelé est là pour les contrarier. Un an avant la chute de la honte, du mur sur lequel tous les « warum » s’écrasaient en vain contre les « Hier ist ein kein », Doreen et Isabelle rêvent d’un amour brillant dans l’équipe nationale d’aviron de RDA. Pour se qualifier, elles rejoignent un camp d’entraînement sportif en Hongrie, au bord du lac Balaton, c’est ainsi qu’elles rencontrent Arne et Nico, venus d’Hambourg en Coccinelle. Les deux rameuses découvrent combien la région est ouverte aux jeunes d’Allemagne de l’Ouest et malgré le couvre feu, elles se glissent hors du camp pour un rendez-vous en leur compagnie. Alors qu’Isabelle souhaite se concentrer sur l’entraînement, une romance d’été naît entre Doreen et Arne. Celle-ci doit prendre une décision, mais la régate n’est pas l’unique enjeu. En effet, le lien fusionnel entre les jumelles est menacé…

Dès le générique nous sommes happés par le « Never let me down again » des Depeche Mode qui annonce cette couleur de ne jamais vouloir se sentir seul et de ne pas vouloir se faire quitter par le passager d’à côté, celui qui est à la place du mort mais qui est notre allié à vie.Le remède contre cette ère vacillante reste de danser toute la nuit à coeur joie sur le « Just like heaven » des Cure et de faire le mur pour s’enfuir sans se retourner. Ce mur s’écroulera l’année du « Summer of love » et traverse ce conte d’été en unifiant cette fable, tout en nous nous laissant, tel un parfum suranné, l’odeur à jamais perdue d’un blé en herbe couleur barbelé. Une co-production ARTE qui une fois de plus investit dans un cinéma qui lui ressemble, un cinéma qui nous touche mais sait rester exigeant et ne cherche pas à émouvoir à coups de clichés sans âme.

Westwind, de Robert Thalheim, avec Friederike Becht, Luise Heyer, Franz Dinda, Alelmagne, 2011, 89 min.

Steven Guyot.

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La Rédaction

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