Cinema

Werner Schroeter s’est éteint. Lumière sur ce réalisateur qui a redonné un second souffle au cinéma allemand

14 avril 2010 | PAR Cecile David

Emporté par le cancer le 12 avril à l’âge de 65 ans, Werner Schroeter fait partie de ceux qui ont marqué le Nouveau Cinéma d’Allemagne, son pays d’origine. Sous son chapeau noir se cachait un grand réalisateur, un grand metteur en scène.

Werner Schroeter était un esthète aux multiples visages.

Mélomane, il vouait un véritable culte à la cantatrice Maria Callas. Ses premiers courts métrages seront d’ailleurs dédiés à celle qu’il considère comme étant « la personne la plus importante de sa vie » (« Libération », 2002) La mort de Maria Malibran l’inspire aussi. A tel point qu’il en fera le titre de l’un de ses films en 1971. Les derniers instants de la jeune mezzo-soprano espagnole sont ainsi dévoilés sur le grand écran.

L’ascension du maître est fulgurante. « Eika Kapata », son premier long métrage créé en 1969, remporte l’année suivante le Prix Josef von Sternberg. Le réalisateur se distingue par son style atypique qui suit le courant du Nouveau Cinéma allemand, aux côtés de grands noms tels que Rainer Werner Fassbinder, Werner Herzog ou Wim Wenders. Allemagne, Italie, Portugal ; cinéma, théâtre, opéra… Werner Schroeter voyage à travers les contrées du monde entier, s’immisce dans les coins et recoins de ce grand univers qu’est le domaine du 7ème art. « Le Roi des Roses » tourné en 1984 résume avec justesse son attrait pour le non-conventionnel en présentant au public Albert, un jeune homosexuel à la recherche de la fleur idéale.

En 2008, il se rend à la Mostra de Venise, avec sa triste « Nuit du chien » dans ses valises. Un Prix spécial lui est remis à cette occasion pour l’ensemble de son œuvre. Sa dernière récompense date de février dernier. Le jury lui décerne le Teddy Award au festival de Berlin, un trophée honorant les créations cinématographiques qui mettent l’homosexualité à l’honneur.

Werner Schroeter était un touche-à-tout, un artiste complet, un vrai. Chapeau bas.

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Cecile David

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