Cinema

Une chinoise : une femme… les femmes

03 septembre 2010 | PAR Geraldine Pioud

Au travers de Mei (Huang Lu), le film est un plaidoyer pour la liberté. Enchaînées à des obligations et aux rêves d’autrui, Mei n’aspire pas à l’impossible : elle souhaite juste devenir ce qu’elle est. Mais les rêves ne sont souvent que des chimères avec lesquels il faut composer.

Mei habite habite un petit village en Chine. Elle n’en est jamais sortie. Son avenir a été décidé pour elle et tout le monde trouve cela normal. Sauf que la jeune femme ne supporte plus cette vie monotone. Du jour au lendemain elle plaque tout et se rend dans la grande ville la plus proche, Changqing. Elle se débrouille, tombe amoureuse, et finit par redescendre sur terre. L’euphorie des débuts n’est plus, et Mei sera bien obligée de faire des compromis.

La réalisatrice Guo Xiaolu a mis en scène un film de femmes, qui parle d’elles mais qui ne s’adresse pas qu’à elles. Complexe et attachante, son héroïne semble portée par un espoir et une détermination que rien ne peut altérer : malgré les obstacles, les douleurs et les difficultés, Mei continue à avancer. Guo Xiaolu a construit Une chinoise avec précision, et même le hasard semble maîtrisé. Elle a compris les codes du cinéma, les utilise à bon escient tout en gardant fraîcheur et spontanéité. Nous suivons son héroïne au fil de sa vie : les ellipses constituent l’élément narratif primordial, et les informations sur le temps qui passe nous sont données par le cheveux de Mei. La bande son est elle aussi un indicateur. Ses voyages, les hommes… les ambiances ne sont jamais les mêmes, et chaque cut (assez brutal) de la musique nous projette dans un nouvel univers. Le scénario se joue des rebondissements amoureux, et les tonalités visuelles changent en même temps que l’état d’esprit de Mei se transforme. L’espoir véhiculé par cette femme est indéniable, il demeure pourtant évident que l’ensemble du film est baigné de tristesse. En cause peut-être les rêves véhiculés (toujours à l’heure actuel) par une vie en occident. Mei va à Londres, mais ce n’est pas là qu’elle trouvera le salut : malgré la solidarité des chinois entre eux, l’exploitation humaine est courante. Une chinoise est un joli film qui réserve des surprises et sait conserver sa part de mystères.

Une chinoise, de Guo Xiaolu, avec Huang Lu, Wei Yibo, Geoffrey Hutchings, Chris Ryman
Chine, Grande-Bretagne. Drame. 1h38
En salles le 8 septembre 2010

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Geraldine Pioud

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