Cinema

Twilight Révélation, sea, sex and blood

18 novembre 2011 | PAR Margot Boutges

La tête de Dawson quand il se fait larguer par Joey, un film d’amour réalisé par BHL, le dernier Twilight… Autant de plaisirs coupables qu’on aurait tord de se refuser…  La première partie de Révélation, quatrième et dernier volet de la saga de Stephenie Meyer, débarque sur nos écrans pour notre plus joyeuse affliction.

Fini le temps de l’hésitation (voir notre critique du troisième volet de Twilight) ! Bella Swan la mortelle et Edward Cullen le vampire s’apprêtent à convoler en justes noces. La bande-annonce de Révélation ayant depuis longtemps défloré tout suspense, spoilons !

Quatre ans que les fans attendaient ce mariage ! Aussi Bill Condon, le réalisateur, a mis les petits plats dans les grands. Les chaussures à talons, la robe de princesse, les larmes de maman (on se demande encore ce que Nina Myers de 24 est venue faire là dedans), la promenade avec papa jusqu’à l’autel, le gâteau à treize étages, le toast porté par les invités… rien ne manque au folklore traditionnel. Le premier quart du film s’enlise dans les longueurs. Le seul moment de distraction réside dans l’apparition de Jacob, le lycanthrope amérindien allergique aux T shirt, qui entretient une amitié amoureuse des plus insistantes avec notre héroïne. Quelques pas de danse langoureuse entre le play boy et la brunette et la dispute éclate. L’objet du mécontentement de Jacob : « Vous ne pouvez pas consommer votre union si tu es toujours humaine, Edward va te transpercer avec son pénis de vampire. » Le dit Edward, qui ne se prive pas de lire dans les pensées des autres quand il s’agit d’espionner, déboule et embarque Bella en voyage de noces. Rio, baby, où la famille Cullen possède une île paradisiaque. Décidément, ces vampires savent vivre ! Après trois films de chasteté totale, c’est le moment d’ouvrir la braguette. Mais entre temps, la moitié des spectateurs s’est endormi. Bella l’a bien senti et décide de retrousser ses manches et de retrouver l’attention générale. Sur une musique entrainante, elle sort sa lingerie fine et son rasoir (oui, son rasoir) et entreprend de se transformer en déesse. Après cet interlude sponsorisé par Vénus, elle va faire un petit tour en tenue d’Eve sous le clair de lune. Edward n’ayant pas de piano sous la main pour lui refaire le coup de Debussy, décide d’y aller franco. Fini le romantisme, place au sexe ! C’est l’empoignade, les corps se rencontrent et Edward casse le lit. S’en suivent d’interminables ébats sur les plages de sable fin. Le film fait alors la démonstration d’un intéressant mélange d’influences : Quand l’île de la tentation, le clip Survivor des Destiny’s child, et Le septième sceau d’Ingmar Bergman (en supposant que la partie d’échecs entre le chevalier et la mort se termine par une partie de jambes en l’air) se rencontrent, cela donne… Twilight. Mais l’affaire se corse. A peine le temps pour le spectateur de remarquer qu’Edward ne brille plus comme nacre au soleil qu’il découvre que Bella est… enceinte ! D’un bébé vampire, qui commence à la détruire de l’intérieur. La prédiction de Jacob se réaliserait-elle ? Le pénis d’Edward serait-il un instrument satanique ? Il est temps pour les jeunes mariés de revenir sur les froides terres de l’état de Washington pour faire face à la situation avec la famille Cullen…

Le spoil outrancier effectué ci-dessus n’avait d’autre vocation que celle de montrer le caractère apocalyptique du scénario de Twilight quatrième du nom. Ce détail mis à part, quid de la réalisation ? Elle est inconsistante. La caméra de Bill Condon (à qui on doit entre autres Dreamgirls) n’apportera définitivement pas ses lettres de noblesse cinématographiques à la tétralogie. La musique, enchainement de tambouille rock, est désastreuse. Quant aux acteurs, ils sont une fois de plus enferrés dans leurs tics de jeux qui se résument à des tics faciaux et corporels : Kirsten Stewart (Bella) est plus que jamais incapable de fermer la bouche, Taylor Lautner (Jacob) multiplie les regards braiseux et les roulements d’épaules et le charisme de Robert Pattinson (Edward) donnerait des complexes à une huitre. Côté personnages secondaires, on observera que le corps de Carlisle et le front d’Esmée ont doublé de volume.

Que dire de l’évolution de la saga ? Ce quatrième opus est indéniablement plus cru que les précédents Le sexe et le sang dégoulinent. On sombre même dans le gore lors d’un accouchement qui n’a rien à envier à celui de Braindead de Peter Jackson (ou presque). A côté de ça, Stephenie Meyer, l’écrivaine mormone, continue à prôner l’abstinence en dehors du mariage. Elle dit aussi non à l’union stérile et à l’avortement, on l’aura compris, Bella voulant garder coute que coute l’enfant qu’elle porte malgré la promesse d’une mort certaine.

Reste à s’interroger sur l’idéal amoureux distillé par Twilight et ceux (ou plutôt celles) qui y succombent. Ce véritable phénomène générationnel (il suffit se se rendre à l’UGC des Halles à Paris le jour de sa sortie pour mesurer l’ampleur du désastre) utilise une recette narrative très classique : Deux héros que tout oppose et qui s’aiment en dépit de l’adversité. Mais tandis que les jeunes filles en fleurs nées dans les années 80 s’extasiaient sur la romance du très libertaire Titanic (Rose et Jack s’envoyaient en l’air dans une voiture), les jeunes filles en fleur nées dans les années 90, biberonnées au très conservateur Twilight pourraient bien choisir de faire ceinture…

Twilight – chapitre 4 : Révélation 1ère partie, de Bill Condon, avec Kristen Stewart, Robert Pattinson et Taylor Lautner, 1h57, USA, 2001, sorti le 16 novembre

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Margot Boutges

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