Arts

Moi Sarah Bernhardt : le Musée d’Art Nouveau – Maxim’s rend hommage à sa plus célèbre cliente

18 novembre 2011 | PAR Yaël Hirsch

Jusqu’au 15 mars prochain, le musée du fameux restaurant Maxim’s de la rue Royale expose 150 objets ayant appartenu, ayant été créés ou ayant trait à l’immense comédienne Sarah Bernhardt. Onze ans après l’exposition que lui avait consacrée la BNF, l’inoubliable « Cléopâtre » ou «  »Teodora » est à l’honneur, grâce à des prêts de 15 collectionneurs, présentés dans le cadre feutré du mobilier Art Nouveau d’exception appartenant à M. Pierre Cardin. Un voyage d’un siècle en arrière qui nous le rend proche, tant La Bernhardt avait -avant toutes les Madonna et lady Gaga- compris comment faire valoir son image de marque. Pour la visite, suivez le merveilleux guide, Pierre-André Hélène, qui est une mine d’anecdotes sur la vie de la Diva.

En grimpant jusqu’au 4é étage du superbe restaurant Art Nouveau classé, l’on peut se glisser vers les pièces magiques où le mobilier invraisemblable collectionné par Pierre Cardin est posé, avec naturel, dans son jus : meubles majorelles, bougeoirs fleurs et sofas Gaudi se répondent, dans un air raffiné et délicieusement surchargé. Tout commence par quelques lettre de la comédienne, vives et maques de son sceau, un bronze fameux de Mucha et bien sûr de quelques photos.  La salle à manger tente de reconstituer l’atmosphère de celle de Sarah Bernhardt dans son hôtel particulier du 17e arrondissement, avec notamment les tableaux d’elle-même qui ornaient la pièce. L’on passe d’une pièce à l’autre par un petit cabinet qui présente les pièces d’orfèvrerie les plus folles qu’elle ait porté sur scène. Plus loi, la chambre est elle aussi emplie de portraits et de photos des tournées triomphales (et lucrative) de la tragédienne aux États-Unis. Près du lit, deux robes ont été reconstituées à la main  par Olivier Henry : une belle robe blanche de villégiature que la diva portait à Belle-Île, et la robe bleue avec laquelle elle était allée demander son premier rôle à la Comédie Française.  Tout en nous promenant dans ce cadre d’exception, l’homme qui se cache derrière cette superbe exposition, Pierre-André Hélène ne tarit pas d’anecdotes irrésistibles sur les grandeurs et les caprices d’une femme qu’il adore encore, près de 100 ans après sa mort. croqueuse d’hommes, grande dépensière, cyclothymique, Sarah Bernhardt était aussi ultra-douée (comédienne, sculpteure, et femme d’affaires), courageuse (sur scène jusqu’à la veille de sa mort), et engagée politiquement pour plus de justice sociale (dreyfusarde et généreuse). Après avoir vu encore quelques uns de ses plus beaux bijoux dans le couloir, l’on passe à l’évocation de sa carrière et de ses plus grands rôles, puis, à l’étage du dessous l’on voit que cette femme liane à la taille fine, était aussi critiquée qu’adulée, à travers des caricatures assez acerbes publiées dans les journaux. Enfin, une dernière pièce fait le point sur Sarah Bernhardt aujourd’hui à travers un portrait de Warhol, des timbres,  et les catalogues des dernières ventes et expositions qui lui ont été consacrées. Cette exposition qui allie cœur et raffinement extrêmes contribue à prouver que depuis son lieu de repos du Père Lachaise, celle qui affectionnait de dormir dans un cercueil de son vivant a su rester bien vivante et qu’elle compte encore parmi les plus admirées des égéries françaises.

Stefan Sagmeister, profession graphiste
Twilight Révélation, sea, sex and blood
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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