Cinema

Trois sœurs, une histoire familiale argentine

Trois sœurs, une histoire familiale argentine

05 juillet 2012 | PAR Olivia Leboyer

Léopard d’or et meilleure actrice pour Maria Canale au Festival de Locarno, le film nous plonge dans le quotidien de trois sœurs qui étouffent et peinent à communiquer dans la maison familiale, après la mort de leur grand-mère. Un rythme très lent, un parti-pris assez esthétisant et peu d’émotion. Sortie le 18 juillet.

Marina, Sofia et Violeta, trois sœurs bien différentes les unes des autres, cohabitent assez péniblement dans la maison de famille. Marina, sérieuse, les yeux tristes et rêveurs, se charge des courses, de l’intendance ; Sofia, butée, dure, habillée aussi court et moulant que possible, est sans cesse dans l’affrontement ; quant à la jolie Violeta, visage lisse et un peu absent, elle semble déjà ailleurs. Les tensions, les menues disputes, les incompréhensions se déroulent à un rythme lent, sans surprise. Plongées dans une sorte de torpeur, les sœurs peinent à faire leur deuil pour affronter enfin le monde extérieur. Aussi sommes-nous témoins de leur difficulté à se parler, à se comprendre : par les chansons, une intimité parvient, par instants, à s’établir. On devrait être émus, mais ce récit familial demeure trop balisé, trop codifié, et quelque peu figé. On comprend bien que la grand-mère, présente à travers les meubles, les objets, pèse sur le petit noyau de toute son absence écrasante, et que ces jeunes filles ne savent pas où les mènera la fac, l’amour ou la vie. Mais le film, à trop vouloir suggérer, manque paradoxalement de subtilité.

Trois sœurs, de Milagros Mumenthaler (Argentine/Suisse, 98 mn), avec Maria Canale, Martina Juncadella, Ailin Salas, Julian Tello. Sortie le 18 juillet 2012.

photos (c) Happiness Distribution

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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