Cinema

Tribulations d’une amoureuse sous Staline de Boris Lankosz : comédie mordante et déjantée

17 octobre 2010 | PAR Coline Crance

Tribulations d’une amoureuse sous Staline ( A communist love story) est un film du cinéaste polonais Borys Lankosz. Il sort sur les écrans français le 24 Novembre 2010. Avec l’excellente Krystyna Janda et les savoureuses Agata Buzek et Anna Polony, Boris Lankosz signe une satire déjantée et mordante du communisme. Durée 1h39

Au début des années 1950 , Sabine, sa mère et sa grand mère vivent toutes les trois dans un petit appartement au cœur de Varsovie. Sabine vient d’avoir trente ans et mène une vie sans histoire. Sa mère et sa grand mère donneraient ciel et terre pour qu’elle rencontre un homme et qu’elle se marie.. Un beau jour survient le mystérieux et charmant Bronislaw … Cette rencontre va chambouler leur vie… Adoptant un point de vue très « féminin », Boris Lankosz s’intéresse alors à ses trois femmes sans histoire qui un jour sont soumises à des pressions extraordinaires. Et à pressions extraordinaires , mesures extraordinaires …

Grâce à ce trio féminin détonnant, il bouleverse les genres et les conventions cinématographiques. Entre humour noir et satire politique, il transporte son spectateur d’un bout à l’autre de l’écran. La fragilité apparente de la jeune Sabine, la fausse sénilité de la grand-mère sont encore plus trompeuse qu’elles révèlent et poussent à leur paroxysme le côté obscur et machiavélique de tout être humain. A la fois, film noir, comédie, vaudeville, ce film brouille les pistes et grossit les traits de ses personnages pour offrir un réel moment de détente au spectateur. Certes à certains moments, l’intrigue s’amenuise et peut ennuyer un spectateur légèrement impatient. Mais le dynamisme des trois actrices ne peut que le reconquérir. Boris Lankosz dans un joli noir blanc, se joue des clichés et des genres. Passant de façon irrépressible du drame bourgeois au burlesque , le spectateur ne pourra pas rester de marbre. Les dialogues sont imprévisibles et font mouches et Krystyna Janda en « mère marieuse » reste irrésistible.

Très bon petit film donc, bien mené qui propose une nouvelle façon d’appréhender le passé communiste en Pologne : par le rire, le burlesque et un point de vue «  très féminin »…Un cinéma polonais très en forme !

 

L’heure de la FIAC a sonné !
Margaux Motin se contorsionne pour notre plus grand plaisir…
Coline Crance

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