Cinema
The prodigies: une science-fiction animée audacieuse mais immature

The prodigies: une science-fiction animée audacieuse mais immature

04 juin 2011 | PAR Gilles Herail

L’attente était forte autour des premières images de ce film d’animation pas comme les autres. La critique de ce projet ambitieux qui ne tient  pas la route avec une psychologie creuse et une fascination malsaine pour la violence.

Synopsis officiel: Imaginez-vous doté d’une intelligence surhumaine, du pouvoir de contrôler les autres par la force de l’esprit… Ce don fascinant et terrible Jimbo Farrar le connaît bien car depuis son enfance, il le possède. Brillant chercheur à la tête de la Fondation Killian pour enfants surdoués, Jimbo n’a qu’un but : trouver d’autres prodiges. Il imagine alors un jeu en ligne d’une complexité extrême et finit par découvrir cinq adolescents qu’il décide de réunir à New York. Isolés et incompris, ces prodiges se retrouvent un soir à Central Park. Mais ils sont alors sauvagement agressés et leur destin bascule. Abandonnés par ceux qui devaient les protéger,  ils déchaînent alors leurs pouvoirs avec une intelligence diabolique, éliminant sans laisser de trace ceux qui les ont trahis…

L’originalité de l’animation française n’est plus à démontrer. Après Persépolis, Les triplettes de Belleville ou encore Renaissance, The prodigies s’attaque cette fois ci à l’univers du fantastique adolescent. Avec un budget réduit et malgré une certaine lourdeur dans l’animation des visages et des expressions, le film d’Antoine Charreyron reste une belle réussite graphique, portée par une mise en scène souvent inventive et un cadre urbain très bien utilisé. L’adaptation d’un roman complexe dans un format animé trop souvent réservé aux œuvres enfantines était en effet une très bonne idée. The prodigies est pourtant marqué par une profonde immaturité, une superficialité renforcée par un scénario et des dialogues qui se prennent trop au sérieux. Malgré des fondations très creuses. Non content de plagier les éléments principaux des Xmen (le rapport à la différence, l’évolution de l’espèce, la maitrise de sa colère), The prodigies oublie la passionnante ambiguïté qui fait tout le sel du dernier opus (Xmen First Class, déjà en salles). L’affrontement entre l’eugénisme élitiste de Magnéto et la tolérance de Xavier est effacé au profit d’un point de vue douteux quasi intégralement centré sur ces ados persuadés d’incarner une race supérieure.

On retrouve une même gêne devant une violence de tous les instants, crue, et parfaitement gratuite. Oubliés les délires magnifiques de Kick Ass ou des Inglorious Bastards de Tarantino. La barbarie de The prodigies qui culmine dans une scène de viol rappelle plutôt Irréversible. La fascination de l’horreur est de plus appuyée par des images/cinématiques de très mauvais goût où les démons intérieurs des enfants sont représentés par de véritables monstres qui apparaissent à l’écran. La subtilité n’est donc pas le maitre mot de ce film très geek qui n’est ni jouissif dans une violence ludique, ni crédible dans ses errements existentiels et sa morale contestable. A déconseiller totalement aux enfants sans pour autant inciter les adultes qui ne seront surement pas conquis par cette œuvre d’ados un peu attardés à la psychologie primaire et à l’obsession immature de l’horreur glauque. Espérons que les talents de mise en scène du réalisateur seront mieux utilisés dans un futur projet.

Gilles Hérail

(Pour un véritable films de super héros, film d’action spectaculaire déroulant une histoire complexe et fouillée, préférez l’excellent Xmen First Class qui renouvelle avec brio une série en dent de scie: la critique ici).

The Prodigies, un film d’animation français de science-fiction d’Antoine Charreyron, avec la voix de Matthieu Kassovitz, sortie en France le 8 juin 2011


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