Cinema
« The hateful agents » : Tarantino ne revient plus

« The hateful agents » : Tarantino ne revient plus

31 janvier 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

LE cinéaste culte de ce début de XXIème… est TROP culte ! Depuis un peu plus d’une semaine,  on le sait : le nouveau scénario de Quentin Tarantino, dans sa première version, a fuité à Hollywood. Annulation, colère, enquête, plainte…Un vrai film, quoi !

Tarantino plainteOn vous avait fait saliver, en ce début de mois de janvier, avec le nouveau projet de Quentin Tarantino, inspiré, apparemment, des Sept Samouraïs (Akira Kurosawa, 1954) et de son « remake », Les Sept Mercenaires (John Sturges, 1960), projet qui semblait devoir être une synthèse de Django unchained  et d’Inglorious bastards, lui-même inspiré des Douze Salopards (Robert Aldrich, 1967)… Vous arrivez à suivre ? Vingt-six fous avec armes à feu ! Plus sérieusement, on pouvait prévoir un western-film de guerre-film de samouraïs !

Eh bien, la notoriété du cinéaste américain vient de lui jouer un tour ! Et c’est un vrai film, bien réel celui-ci, qui se déroule au sein des studios d’Hollywood.

Ce n’est peut-être qu’une version primitive -nous tirons ces informations de médias donnant des détails qui se recoupent, comme Le Monde Culture et L’Express– mais voici le récit qui circule sur la toile : le réalisateur a remis son scénario ultra-secret à six de ses amis. Deux d’entre eux, un producteur et un acteur, l’ont montré à des agents de Hollywood. Dans le cas du producteur, ce n’est pas grave : le seul agent qui l’a lu était venu spécialement chez le producteur pour ça, et n’est pas reparti avec. Dans le cas de l’acteur, deux suspects : le grand Michael Madsen –que vous avez adoré, en Mr Blonde, dans Reservoir Dogs, et en Budd dans Kill Bill– et Bruce Dern –prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes 2013 pour Nebraska, en salles très prochainement. L’un des deux l’a montré à un agent qui le représente, qui l’a lui-même diffusé…à tout Hollywood ! Hollywood dont les agents se sont mis à appeler le propre représentant de Tarantino dès le mardi 21 janvier, afin de proposer leurs acteurs pour le film. L’avis du cinéaste : il soupçonne l’agence qui représente Bruce Dern, la Creative Artists Agency, nom de code CAA. Cet organisme a bien entendu démenti avoir favorisé une diffusion. Sa réponse, comme celle d’autres agents : le cinéaste aurait oublié d’apposer le précieux tatouage numérique, ou « watermark », à son texte afin qu’il ne puisse pas être copié. En tout cas, Tarantino, dégoûté, a lancé des plaintes. Chef d’accusation : violation de copyright. Les accusés sont les « personnes qui ont publié anonymement son scénario » -on ne sait pas encore qui elles sont- ainsi qu’un site de journalisme, Gawker, qui, ayant écrit un article pour constater cette fuite du texte, est accusé d’avoir inclus dans celui-ci des liens vers les sites proposant ce texte en ligne. La somme qui leur est réclamé : un million de dollars. Seule conclusion pour l’instant: Tarantino ne réalisera pas ce film.

Un acte volontaire de la part des agents ? Un méfait d’un de leurs employés ? Un oubli de la part de Tarantino ? Un coup de pub ?…Ce qui est sûr, c’est que l’ami Scorsese -l’an 2014 sera décidément placé sous son ombre- a vu juste: les films sont partout, car, dans son coin, chacun fait en effet son cinéma.

Visuel : photo de Kill Bill © TFM Distribution

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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