Cinema

« Tête de Turc », la cité sans fard

26 février 2010 | PAR Ariane Lecointre

Pascal Elbé signe avec « Tête de Turc » un premier long-métrage réussi. Les parcours individuels s’y entremêlent et s’affrontent, entre une cité difficile et « l’extérieur ». À paraître le 31 mars.

Bora (Samir Makhlouf) est un jeune turc de  la Cité. La violence fait partie de son quotidien, les bandes s’affrontent, les dealers font la loi, les policiers œuvrent tant bien que mal. La tension est palpable le jour où un réseau de drogue est démantelé, un cocktail Molotov est lancé sur la voiture de Simon (Pascal Elbé), urgentiste. Bora est coupable de ce geste irréversible, mais sort Simon de son véhicule enflammé dans le plus grand anonymat. Cette situation qui mêle culpabilité et fierté est une contradiction invivable dans la Cité.
Le film retrace les destins qui se croisent. Atom (Roschdy Zem) policier et frère de Simon recherche le criminel, un inconnu veut venger la mort de sa femme, que le médecin devait aller soigner au moment du drame, la mère de Bora (la superbe Ronit Elkabetz) se bat pour ses enfants…
Tête de Turc est chargé d’une violence contenue, intime aussi bien que publique et familiale. Les secrets sont divulgués et éclatent au grand jour, le talent d’Elbé réside dans cette capacité à filmer des mondes qui flirtent sans jamais correspondre, celui des adultes et celui des adolescents, celui de la Cité et celui de la Ville. Les codes et le langage ne sont pas les mêmes, le mutisme aboutit à une déflagration, finalement salvatrice.
Une flamme est à l’origine du drame, qui fait briller les personnages d’un éclat très particulier, pudique et lourd de sous-entendus. Les acteurs incarnent parfaitement ces personnages, troublés par des sentiments contradictoires, par des situations inextricables.
On peut regretter la fin du film, peut-être un peu clichée puisque la mère de Bora va habiter chez Simon, tout est bien qui finit bien.

Infos pratiques

Le Philharmonique de Berlin : deux jours à Paris
Journée de la femme 8 mars 2010, Une journée pour un siècle de féminisme
Ariane Lecointre

3 thoughts on “« Tête de Turc », la cité sans fard”

Commentaire(s)

  • ET67

    Merci de nous avoir livré la fin.
    J’irai quand même le voir

    février 28, 2010 at 18 h 58 min
  • Ariane Lecointre

    Je vous rassure, cette fin est prévisible dès le début, le film est bien plus riche! Je ne dévoile pas la fin qui est importante, seulement une anecdote!

    mars 1, 2010 at 10 h 27 min

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *