Cinema

Tati Tendances

06 avril 2009 | PAR Erwan

tati2La Cinémathèque de Paris donne « En deux temps trois mouvements », une exposition sur Tati.

L’exposition nous offre d’emblée un voyage temporel. Nous plongeons dans un décor futuriste, mais vu du passé. Le long couloir qui mène aux grandes salles est incongru. Sommes-nous arrivés ? Où commence l’expo ? Qui a-t-il à voir? La scénographie de Stéphane Goudet et Macha Makeïeff fonctionne comme les films de l’artiste : dans cet espace très organisé, dont la logique est singulière, il faut trouver le détail incongru qui offre la lecture de l’instant pour créer, additionné aux autres détails, cette atmosphère si particulière qui habite les films de Jacques Tati.

Hésitant, tâtonnant entre les objets exposés, nous sommes Monsieur Hulot avant de trouver nos repères. Nous grimpons un escalier, pour le redescendre aussitôt. Un accès donne sur une porte… close. Obligé de faire demi-tour, l’ensemble de l’exposition se révèle. La scénographie dépayse chaque instant offrant un jeu de piste ludique, à l’image de ceux du réalisateur de Playtime.

L’exposition n’est pas pour autant réservée aux cinéphiles. Les anecdotes qui jonchent notre chemin créent un monde à part, singulier,  qui émeut et suscite la réflexion avant de renvoyer aux films. Ainsi nous apparaît la « colonne poubelle » ou comment fondre une poubelle dans un décor urbain, à la vue de tous, sous l’aspect d’une colonne antique. Le sens pratique du gadget rappelle le thème de la modernité si cher à Jacques Tati. Par ailleurs, des époques révolues renaissent ici par fragments : les années 1950 à 1970 sont celles des réclames, de la télévision grandissante, des dessins de Pierre Etex et Saul Steinberg, des photographies d’Henri Cartier-Bresson ou Willy Ronis. Le mobilier a ce design si particulier toujours très actuel aujourd’hui. L’architecture est pleine d’innovation. La société de consommation bat son plein.

Dans ce décor, Playtime domine l’exposition. Le film monument, symbolisant les trente glorieuses, nous englobe entièrement dans sa modernité irréelle. Et le lieu de la Cinémathèque est comme un décor de cinéma. Nous devenons  dès lors les acteurs d’une grande comédie. Et de là-haut, Tati bienveillant ne doit pas en finir de nous observer.

Erwan Gabory

Du 8 avril au 3 août 2009.  La cinémathèque française, 51, rue de Bercy, Paris 12e, Du lundi au samedi de 12h à 19h, nocturne le jeudi jusqu’à 22h, Le dimanche de 10h à 20h.Fermeture le mardi. Plein tarif : 5 euros, TR : 4 euros.  Toutes les infos sur ce site : cliquez ici

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