Cinema

Sortie ciné : Orpailleur

14 juin 2010 | PAR Geraldine Pioud

Un jeune homme originaire de Guyane retourne sur les lieux de son enfance après la mort de son frère. Il est alors confronté aux chercheurs d’or clandestins. Orpailleur aurait pu se focaliser uniquement sur la violence, mais les niveaux de lecture de ce film sont multiples : en arrière plan, Orpailleur évoque des problématiques universelles.

Rob (Tony Mpoudja) et Gonz (Julien Courbey) arrivent de la métropole. Alors que Rob part à la recherche de son histoire familiale, Gonz est vite fasciné par la conquête de l’or. Leurs chemins se séparent un temps mais les conduiront dans un même univers : celui des chercheurs d’or clandestins.

Un orpailleur, c’est celui qui cherche des paillettes d’or par lavage. Un vrai business. Parfois obscur. Souvent clandestin. Dans Orpailleur (et peut-être dans la réalité, qui sait?), l’or rend fou les hommes, parce qu’il leur procure richesse et pouvoir, et les fait agir comme des drogués. Au-delà des histoires d’amitié, d’amour et de fraternité, le film met en lumière une certaine forme d’esclavage moderne. Si elle n’est pas physique, la torture est psychologique : toujours plus d’or, quel qu’en soit le prix à payer, dans des conditions abominables et inhumaines. Dans cette partie de la forêt amazonienne, les misères sociale et morale font office de normalité. Et malgré des conditions déplorables, les hommes continuent de (se) mentir pour un Eden qu’ils n’atteindront jamais.

Si parfois Orpailleur fait penser à un documentaire (les magnifiques paysages de la Guyane, les bords du fleuve Amazone et la forêt bien-sûr), c’est qu’il parle par ailleurs d’un sujet devenu depuis peu politiquement correct et attractif : l’écologie. Sans trop rentrer dans les détails (l’intrigue du film en serait gâchée), l’un des personnages milite en fait pour la préservation des berges du fleuve, depuis trop longtemps saccagées par l’orpaillage, et pour le respect de l’environnement au coeur de la forêt amazonienne. Dans un contexte fictionnel, le réalisateur Marc Barrat évoque avec habileté une multitude de sujets, et offre au spectateur la possibilité de s’interroger sur ses propres responsabilités en tant que citoyen.

Orpailleur, de Marc Barrat, avec Tony Mpoudja, Julien Courbey, Sara Martins
Sortie en salles le 16 juin 2010

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Geraldine Pioud

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