Cinema

Solo pour une blonde de Roy Rowland à nouveau sur grand écran

20 août 2010 | PAR La Rédaction

Femme fatale, détective privé, cigarette au bec et imperméable. Le film noir est de retour cet été grâce à Carlotta qui a retrouvé « Solo pour une blonde » de Roy Rowland !

Les noms de Raymond Chandler et Dashiell Hammett, écrivains de polar dont les livres furent adaptés au cinéma avec dans le rôle-titre Humphrey Bogart, sont bien sur des incontournables du Film Noir. Mais bien souvent, de nos jours, un troisième auteur phare a quelque peu été oublié : Mickey Spillane. Grâce à Carlotta et à l’audace de Spillane, qui interprète le rôle titre du film adapté de sa propre oeuvre littéraire, Solo pour une blonde redonne les lettres de noblesse à cet auteur et ancre ce film dans une longue lignée de films aux anecdotes croustillantes. Qui aurait cru que Billy Hill, gangster britannique du crime organisé, a lui même fourni les armes du film et se baladait sur le plateau ?

Alors que la décennie précédente a érigé les codes du Film Noir, Solo pour une blonde (1963) s’empare de ceux-là et jouent sur les apparences en cherchant une dichotomie de ton et un contraste dans les personnages. Roy Rowland revient aux sources des codes et lorgne vers la Série B et les premiers films de Richard Fleisher tournés pour la RKO. S’inspirant du même principe du fait de la parcimonie des moyens, Roy Rowland offre au film un rythme haletant grâce à un enchaînement de séquences de jeu dans des lieux interlopes ou dans le bureau de Hammer. Pourtant tourné en Angleterre, le parfum du polar urbain et particulièrement new-yorkais se ressent dans chaque plan rappelant ainsi que le film noir s’ancre d’abord dans des décors récurrents. L’éclairage, inspiré de John Alton, chef opérateur qui lança avec T Men d’Anthony Mann cet lumière urbaine, répond au codes du polar mais la particularité de Solo pour une blonde réside dans une nouvelle interprétation, une sorte de déviation calculée du polar. Poursuivant son enquête, Mike Hammer s’immerge passionnellement et dangereusement sous un soleil trompeur et aux bras d’une blonde toute hitchcockienne. Qui de l’ombre ou de la lumière dira la vérité ?

Ainsi, au delà de cette similitude accordée avec les films noirs, le plus intéressant demeure dans la dualité entre ombres et lumières qui est le leitmotiv de Solo pour une Blonde. Il suffit d’interpréter le titre, l’affiche du film et d’accompagner Hammer de son bureau à la belle demeure de Shirley Eaton, héroïne dont la blondeur s’accorde avec l’ensoleillement des séquences tournées chez elle. Alors habitué à Bogart, aux pluies diluviennes du Grand Sommeil, Roy Rowland prend le pari de déplacer son intrigue partiellement sous le soleil et de garder le même ton duel dans les personnages. Roy Rowland et Spillane outrepassent les codes existants et décrivent les investigations d’un détective plus bourru et rustre mais dont une humanisation se campe d’un alcoolisme et non d’une simple caractère enclin à la nostalgie et la mélancolie comme l’incarnait John Marlowe. Le film débutant sur l’arrestation de Hammer et son interrogation par les policiers entraînent tout de suite le spectateur dans des doutes : un détective privée, associé majoritairement à une iconisation entre homme de loi et homme sensible, se retrouve ici mis en doute. Qui a tort ? Qui a raison ? Le personnage détective privé va t il trouvé une âme et une rédemption. Le jeu du chat et de la souris commence entre lui et la police.

Passer la première approche de reconnaissance du polar, Solo pour une blonde devient un film à replacer entre les années 50 et les films d’aujourd hui, en quelque sorte un film clé qui fait le pont entre l’ancien et le moderne. Empli d’un nouvel esprit tout en conservant les sources séminales du genre, Solo pour une blonde est un film entre la marginalité et le classicisme. En résumé, il ne s’agit pas de se laisser duper par une approche purement reliée aux films noirs et à une intrigue sans surprise mais de se laisser porter l’association mémorielle entre aujourd’hui et hier.

Clémence Imbert

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