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Bye bye Dexter !

Bye bye Dexter !

29 octobre 2013 | PAR Audrey Chaix

Voilà un mois que le serial killer le plus populaire de la télévision américaine a tiré sa révérence sur Showtime. Huit saisons depuis le pilote, diffusé en octobre 2006, pendant lesquelles le splatter analyst (qui a permis à chacun de découvrir ce métier, soit dit en passant) le plus gore de la télévision a tenu la police de Miami en échec et le public en haleine. Sauf que depuis quelques saisons, un désamour entre Dexter et ses fans commençaient à s’amorcer, et chacun se demandait comment Showtime aller tirer le rideau sur les aventures du psychopathe. 

Attention : spoilers !

Après la mort de La Guerta, la saison 8 entame ce qui avait été commencé dans la précédente : la série se recentre sur la relation entre Dexter et Debra, clef de voûte de l’ensemble de la série. Au final, on finit par se rendre compte que l’histoire d’amour entre Dexter et Hannah n’est qu’accessoire à côté de ce qui unit le frère et la sœur, faisant de Dexter une série où c’est la famille qui passe avant tout.

L’apparition en guest de Charlotte Rampling dans le rôle du Dr Vogel, neuropsychiatre au regard presque maléfique (ah, les yeux de Charlotte Rampling) viendrait presque faire diversion : Dexter (et ses fans) apprennent qu’Harry n’a pas été seul à façonner la créature qu’est devenue le jeune homme pris de pulsions meurtrières. Le code a été pensé par le Dr Vogel, qui a testé sur Dexter cette nouvelle méthode pour gérer des pulsions de serial killer. Sur le papier, l’idée n’était peut-être pas mauvaise, mais elle arrive sans doute trop tard dans la série, comme pour sauver la huitième saison en lui injectant un ultime rebondissement – qui ne tient hélas pas longtemps tant la trame narrative est peu crédible.

Et finalement, toutes les histoires parallèles – le Dr Vogel et son fils complètement tordu, le retour de Hannah l’empoisonneuse, qui fait acte de contrition… finissent pas n’être que des contretemps dans la résolution de ce qui est le nœud narratif le plus puissant : l’acceptation par Debra de ce qu’est véritablement son frère, et la façon dont Dexter prend en compte ce nouveau paramètre dans sa façon de penser le monde. Acceptation funeste pour Debra : elle n’y survivra pas, contrairement à Dexter qui, pour faire pénitence, s’interdit de vivre heureux avec son fils et Hannah. Si la dernière saison est loin d’être aussi palpitante que les premières (que les deux premières pour être exacte), elle se veut plus introspective, Dexter prenant conscience que les pulsions de meurtre qu’il ressent ne sont peut-être pas sa seule raison de vivre. Dommage, finalement, que les scénaristes aient préféré faire dans un sensationnel qui reste superficiel, pour ne pas accepter de se pencher à 100% sur la relation Debra – Dexter.

 

 

 

Photo : capture d’écran

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Audrey Chaix
Professionnelle de la communication, Audrey a fait des études d'anglais et de communication à la Sorbonne et au CELSA avant de partir vivre à Lille. Passionnée par le spectacle vivant, en particulier le théâtre, mais aussi la danse ou l'opéra, elle écume les salles de spectacle de part et d'autre de la frontière franco-belgo-britannique. @audreyvchaix photo : maxime dufour photographies.

One thought on “Bye bye Dexter !”

Commentaire(s)

  • Oui, dommage qu’il y ait eu un tel essouflement : la relation Debra Dexter aurait permit si elle avait été creusée de faire une dernière saison plus amusante que celle offerte qui finalement tombe dans un certain ennui, surtout après la mort de Lagerta!

    septembre 24, 2014 at 10 h 29 min

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