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[Cannes, Quinzaine] « Cold in July », trio de choc pour un brillant thriller noir

[Cannes, Quinzaine] « Cold in July », trio de choc pour un brillant thriller noir

31 décembre 2014 | PAR Hugo Saadi

Jim Mickle n’en est plus à son coup d’essai et il revient à la Quinzaine des Réalisateurs un an après y avoir présenté We Are What We are. Cold in July – Juillet de Sang est son quatrième long métrage mais à l’inverse de ses trois précédents, celui-ci n’est pas à classer dans la catégorie des films d’épouvante et d’horreur mais plutôt dans les thrillers. Avec en tête d’affiche Michael C. Hall aka le médecin légiste sanglant de la série Dexter, Sam Shepard et Don Johnson, le film offre une séance pleine de tension et de coups d’éclat. Grandiose.

[rating=4]

À l’instar de A Hard Day, le nouveau film de Jim Mickle commence sur les chapeaux de roue Intérieur nuit, dans la chambre des parents, le père, Richard Dane (Michael C. Hall) se réveille brusquement lorsqu’il entend du bruit dans son salon. L’arme au poing il découvre un individu masqué qui lui braque une torche en plein visage. La pendule sonne, boum, le coup part, l’homme est mort d’une balle dans la tête. Cela ne fait même pas une minute que le film a débuté que nous voilà complice du meurtre et autant sous le choc que notre personnage principal. La légitime défense reconnue, Richard Dane pense avoir tué le fils d’un ancien taulard, impliqué dans de sales affaires. Il devient alors une star locale jusqu’au jour où le père de l’enfant se pointe et prépare sa vengeance. On pense Cold In July sur des rails bien droits et c’est là où le film nous surprend. Virage à 180 degrés, on change le fusil d’épaule et on se lance dans une enquête qui s’annonce très sombre et aux nombreuses ramifications douteuses.

Grâce à une réalisation maîtrisée, Jim Mickle instaure une tension qui disparaitra seulement lors du générique de fin. Avant celui-ci, c’est un final grandiose qui nous est proposé : un assaut armé où les balles pleuvent. Bien aidé par un directeur de la photographie qui a un goût moderne, Cold In July rassemble tous les éléments du genre et les remet même à la sauce actuelle. L’intrigue se déroulant en 1989 c’est tout un univers qui est parfaitement recréé, style rétro, dégaine de cow-boy,  coupe mulet, mais il ajoute des touches nouvelles par l’intermédiaire de filtres de couleur qui rappelleront parfois le travail de Nicolas Winding Refn, notamment la scène de fin, où Michael C. H avance le visage en sang, passant d’une pièce à l’autre un fusil à pompe à la main, d’un filtre bleu au rouge au vert … L’ensemble étant en permanence rythmé par une musique composée essentiellement d’un clavier électronique, on s’accroche à notre siège, sursautant au moindre coup de feu.

Bien entendu si le film est aussi passionnant c’est grâce au trio de choc où l’on retrouve Michael C. Hall étincelant, Sam Shepard, sombre et flippant en père ravagé et enfin Don Johnson, charismatique et plein de classe (la « pute rouge », surnom de sa voiture …) en détective privé. Ce dernier est une copie très proche de la prestation de Matthew McConaughey dans True Detective, un plaisir. Quelle jouissance de voir ces trois gars là boire une Lone Star tout en planifiant leur assaut, pour ensuite les découvrir armés jusqu’aux dents, peinture de guerre sur le visage et camouflés dans leur camion pour ensuite dérouiller tout ce qui se mettra en travers de leur passage. Vous l’aurez compris, il n’y a pas de déchet dans Cold in July, mais un brillant thriller noir qui respecte les codes du genre et met en scène des acteurs en pleine forme.

 

Juillet de Sang, un film de Jim Mickle, avec Michael C. Hall, Don Johnson, Sam Shepard, Nick Damici, thriller américain, 1h49.

 

visuels © The Jokers / Le Pacte

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Hugo Saadi

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