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Breaking Bad : le roi est mort, vive Heisenberg !

Breaking Bad : le roi est mort, vive Heisenberg !

25 juillet 2013 | PAR Yohann Marchand

original_651012-1Le 11 août prochain le règne de Walter White touchera à sa fin. Soixante-deux épisodes auront suffi à transformer un simple professeur de chimie en dealer de méthamphétamine le plus prolifique d’Amérique. A l’occasion de la sortie en DVD / Blu-ray de la première partie de la saison 5, un bilan s’imposait. Une chose est sûre : la légende Heisenberg n’est pas prête de mourir…

[rating=5]

Il était une fois un mec frustré. Le quotidien d’un psychopathe en devenir. L’histoire d’un lâche qui refuse d’admettre qu’il a raté sa vie en prétextant s’être sacrifié pour subvenir à sa famille.  La vérité éclatera à l’aube de son cinquantième anniversaire. Walter White (Bryan Cranston) est diagnostiqué avec un cancer des poumons. Un mal inopérable qui va le réveiller de sa monotone léthargie. Walter White se découvre alors une force de vivre, une confiance sans limite, un amour pour l’autodestruction. A l’issue de la saison 4, d’un angoissant jeu d’échecs avec le parrain Gustavo Fring (Giancarlo Esposito), Walter White achève sa mutation schizophrène. Il devient officiellement aux yeux de tous le légendaire Heisenberg. L’iconique roi de la Blue – cette précieuse méthamphétamine pure à 99,1 %. Il incarne le Tony Montana des temps modernes. Une ordure abjecte sans morale. Un fils à maman qui mérite d’être asphyxié par son égoïsme maladif, étouffé par le poids de tous ces cadavres qui parsèment son ascension.

La première partie de la saison 5 s’ingénie à glorifier la chute d’un roi. Son compagnon d’infortune  Jesse Pinkman (Aaron Paul) prend soudain conscience de la folie qui sommeillait en Walter White. Sa  femme Skyler (Anna Gunn) ne trouve plus la force de colmater un foyer en ruine et plonge dans un mutisme dépressif. Son beau-frère, Hank Schrader (Dean Norris), s’acharne à décortiquer le réseau de Gustavo Fring. Persuadé qu’il est lié au trafic chimérique d’Heisenberg. Tous ses partenaires commencent à douter de ses ambitions démesurées. Le Roi n’a que faire de ces enfantillages, il décide d’élargir son marché à l’international… Plus dure sera la chute. Vince Gilligan réussit à conclure cet acte 1 sur une scène absurde qui paraphrase cette évidence. Un pied de nez à la noirceur dont est empreinte cette première partie. Un parfait cliffhanger qui synthétise la formule complexe et inégalée de la qualité d’écriture de Breaking Bad depuis 5 ans. C’est le sourire aux lèvres que l’on attend désespérément la conclusion de cette tragédie moderne, vouée à trouver son apogée sur les terres fantasmées du criminel héroïque à la Tony Montana : dans un bain de sang grandiloquent et salutaire à la gloire d’un féru de chimie qui se rêvait d’être éternel…

Cette édition permet de se replonger dans ces 8 chefs-d’œuvre cathodiques. De se délecter d’une multitudes de scènes coupées / rallongées, dont le segment inédit « Des filles et des flingues »,  spécialement imaginé pour cette sortie digitale. Censée mettre en lumière une séquence au préalable effleurée, elle prouve surtout que Vince Gilligan a créé un univers riche où les personnages peuvent évoluer en complément de l’intrigue principale. Assurément un avant-goût très prometteur du spin off sur Saul Goodman (Bob Odenkirk), avocat officiel de Heisenberg et accessoirement expert en blanchiment d’argent. Autre featurette à ne pas rater, un reportage sur les coulisses d’écriture de la série. On assiste à une cession de brainstorming qui se déroule dans une ambiance bon enfant, aux antipodes des visages graves arborés par les scénaristes dès lors qu’ils commentent l’évolution de Walter White et effleurent l’hypothèse d’un final encore plus noir. « All bad things must come to an end » (Toutes les mauvaises choses ont une fin) est la tagline qui accompagne le lancement promotionnel de ces 8 derniers épisodes. Simple et efficace, l’attente en devient encore plus insupportable.

Il ne vous reste plus qu’à profiter du DVD / Blu-ray de cette ultime première partie pour analyser à nouveau les moindres détails du sacre d’Heisenberg. Et élaborer ainsi de funestes théories sur sa chute. En guise d’indices spéculatifs, voici le trailer récapitulatif de la série dévoilé cette semaine au Comic Con 2013.

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