Cinema
Romy, femme libre, documentaire avec du souffle et un montage intelligent, montré à Cannes 2022

Romy, femme libre, documentaire avec du souffle et un montage intelligent, montré à Cannes 2022

01 juin 2022 | PAR Geoffrey Nabavian

Réalisé par Lucie Cariès, ce film documentaire présenté au Festival de Cannes 2022 parmi les Cannes Classics brosse le parcours de la star européenne avec vie et intelligence.

Romy Schneider, du rôle de Sissi à ses dernières prestations où le poids de la perte de son fils de quatorze ans se faisaient ressentir. Entre ces deux points, des affiches partagées avec des très grands (parfois devenus des compagnons), une escapade américaine, un face-à-face avec son enfance et l’Histoire, ou encore de vraies rencontres avec d’immenses artistes du cinéma, comme Luchino Visconti ou Claude Sautet. Et surtout un appétit pour le travail d’actrice qui la reprit toujours.

La première qualité de Romy, femme libre, documentaire réalisé par Lucie Cariès et présenté à Cannes 2022 au sein des Cannes Classics, est d’offrir les moments d’intervention, de témoignage, à Romy elle-même. On a ainsi tout le loisir de goûter sa finesse d’esprit, et la manière dont son être rayonne lorsqu’elle s’exprime. On peut trouver que ce long-métrage documentaire tire un peu son âme de ces séquences précieuses, excellentes fenêtres sur la personnalité de la grande actrice. De surcroît, on l’y observe en pleine « représentation » donc en plein travail.

Romy, femme libre adopte une forme chronologique. La vie de l’actrice star comporta beaucoup d’épisodes marquants. Afin de se donner un souffle et de le conserver tout du long, le film a l’intelligence d’être concis, d’aller à l’essentiel lorsqu’il narre. Sa trame, signée par Lucie Cariès et Clémentine Déroudille, demeure bien écrite : elle plonge au cœur de chaque fait décrit, ne soulignant rien abusivement. La voix de Swann Arlaud, qui narre, passe parfaitement tant il se montre concret. Lui non plus ne charge pas son interprétation.

La parole de Romy elle-même et sa présence par intermittences à l’écran, ainsi que l’écriture bien pensée du film lui permettent au final d’évoquer cette vie, et les époques du cinéma que l’actrice traversa, sans lourdeur aucune. Les films cités restent très bien évoqués. Et de précieuses images surgissent, tel cet extrait de pièce de théâtre où Romy Schneider et Alain Delon se font face, au sein d’une scène du dramaturge John Ford.

Le documentaire Romy, femme libre a été diffusé sur France 3, dans le même temps que sa présentation au Festival de Cannes 2022 au sein des Cannes Classics. Il est à revoir en replay sur Internet, sur le site France.tv .

*

Visuel : détail de l’affiche © France Televisions / Zadig Production

Les sept vies de Léa : une série française qui sort du lot
Toucher le feu et sublimer la terre au musée Guimet
Avatar photo
Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture