Cinema
Ricardo Darin, un homme de jeux [Interview]

Ricardo Darin, un homme de jeux [Interview]

07 février 2012 | PAR Clementine Athanasiadis

Nous retrouvons Ricardo Darin dans une suite du Westin, hôtel chic de Paris, où l’acteur séjourne pour une semaine. Emprunt d’une bonne humeur et d’une hospitalité propre à nos amis Argentins, l’homme nous reçoit, décontracté, « comme à la maison ».

Peut être que son nom ne vous ai pas familier, pourtant Ricardo Darin, est une véritable star, une icône en Argentine, son pays natal, et une étoile montante du cinéma internationale. A  l’affiche de la comédie El Chino de Sebastiàn Borensztein qui sort en salle le 7 février, (voir notre critique), l’homme est plus connu pour camper des personnages graves dans des drames et des thrillers de qualités.

Les cinéphiles l’ont découvert dans des films comme XXY de Lucia Puenzo où il interprète le père d’un enfant hermaphrodite, dans Nueve Reinas (Les neuf reines) où il est Marcos un arnaqueur sympathique ou encore dans Carancho du réalisateur Pablo Trapero dans lequel il joue un avocat spécialisé dans les accidents de la route, un drame qui lève le voile sur une réalité sociale de l’argentine pointant du doigt ceux qui s’enrichissent grâce à ces accidents.

Mais beaucoup, ont mis un nom sur «cette gueule» du cinéma en 2010, dans El secreto de sus ojos (Dans ses yeux), de Juan José Campanella, un thriller implacable qui remonte en filigrane les horreurs de la dictature. Un œuvre qui reçoit  un Oscars dans la catégorie des films étrangers.

C’est donc aux choix de ses films que Ricardo Darin doit sa notoriété grandissante et un nom qui fait écho au monde du cinéma argentin. Un privilège dont il se défend pourtant «Celui qui représente le mieux le cinéma argentin c’est Georges Clooney ! (rires) Non, c’est une blague parce qu’on me compare souvent à lui. Plus sérieusement,  l’industrie cinématographique argentine produit entre 80 et 100 films par an et je n’en suis que dans deux ou trois ! J’ai juste eu la chance de tomber sur des bons scénarios qui me proposent des rôles forts auxquels je suis particulièrement sensible. Il s’avère que ce sont des films qui ont rencontré un succès, mais ce n’est pas de ma faute ! (rires)».

Si Ricardo Darin préfère ne pas parler de son passé dans les Tv shows ou les télénovélas qui lui valurent une image de séducteur, «ça fait très longtemps, s’il vous plaît ne me parlez pas de ça !», l’acteur est beaucoup plus enclin à vanter les mérites de réalisateurs qui ont réussis à donner un nouveau souffle au cinéma national. Il cite notamment Juan José Campanella, Pablo Trapero, Marias Pinero, Daniel Burman ou encore Fabiàn Bielinsky. «Ces réalisateurs ont réussi à donner un nouveau regard sur l’histoire de l’Argentine qui a connue une dictature jusqu’en 1983. Juste après cette période, beaucoup de films ont porté dessus, c’est normal, imaginez, les cinéastes ont vu la possibilité de s’exprimer sur ce pan de l’histoire et tous les films qui ont été réalisé traduisaient une nécessité. Mais ils n’avaient pas le recul de ces nouveaux réalisateurs qui ont trouvé une façon plus libre de parler de cette période. L’angle de vue a changé permettant aux mentalités d’évoluer et de s’ouvrir. Cela a beaucoup aidé le cinéma argentin à grandir. Ces nouveaux talents proposent des histoires originales  et c’est cela qui est le plus important».

Ricardo Darin ne fait pas particulièrement de l’œil à Hollywood, «ce n’est pas un rêve», il est en effet plus attiré par les productions cubaines. « Le cinéma cubain a traversé différentes périodes et les gens là-bas sont avides de cet art. Le festival que je connais le mieux est celui de la Havane qui regroupe des milliers personnes. Le problème est que le cinéma cubain souffre d’un problème de budget mais dès que j’aurai une proposition intéressante, j’en serais ravi ».

En attendant, l’agenda de Ricardo Darin est bien rempli. Il vient de terminer le prochain film de Pablo Trapero, Un éléphant blanc aux côtés de l’acteur français Jérémie Rénier, il enchaîne au mois d’avril avec un thriller dans les rues de Buenos Aires avant d’entamer une réalisation castellanaise. Si Ricardo Darin, qui a également embrassé une carrière de comédien au théâtre, n’avait pas était acteur, il ne sait pas ce qu’il aurait bien pu faire d’autre. « Mon père, ma mère étaient comédiens, ma sœur est une actrice et maintenant mon fils l’est aussi! C’est comme dans les familles de cirques ça se transmet, alors honnêtement je ne sais faire que ça !». Honnêtement ? Tant mieux.

Photo: (c) Léa Lecouple

 

 

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Clementine Athanasiadis

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