Cinema

Poison violent de Katell Quillévéré

13 juin 2010 | PAR Coline Crance

Un poison violent est le premier film de Katell Quillévéré. Il a été récompensé par le prix Jean Vigo en avril dernier et sélectionné par la Quinzaine des réalisateurs 2010 pour concourir à la caméra d’or. Avec : Claire Augarde, Lio , Michel Galabru …

Katell Quillévéré pour son premier long métrage choisit de s’intéresser au thème de l’adolescence. Ce thème depuis quelques temps nourrit le jeune cinéma français, la naissance d’une pieuvre de Céline Sciamma par exemple avait connu lui aussi son petit succès critique. Dans les méandres de l’adolescence , Katell Quillévéré réussit à avoir un œil singulier, libre. Elle filme les premiers émois charnels d’une jeune fille, joliment interprétée par Claire Augarde, qui se confronte à ses propres convictions religieuses. A la veille de sa confirmation , c’est toute sa foi qui s’ébranle au contact d’un jeune garçon Pierre, de son père trop admiré, de son grand-père agonisant mais bon vivant, laïcard jusqu’au dernier souffle, et d’une mère dépassée par les évènements en proie elle-même à ses crises mystiques.

Cette galerie de personnages aux traits de caractères très marqués et assumés ne tombe jamais dans le poncif. Katell Quillévéré use mais n’abuse pas des topoï associés bien souvent à la très catholique Bretagne. Les acteurs jouent juste , excellents Galabru et Lio et le rire tout en troisième degré, se dévoile progressivement et se fait complice de l’image en lui donnant tout son sens. Traitant du thème du détournement , de la subversion, il ne se révèle que dans cette puissante ironie qui se met en place : une jeune fille rousse, des communiantes et un plan fixe sur ce bateau accroché à la voute de l’église, trait typique de la Bretagne…

Pour son premier film, la jeune cinéaste maitrise son œuvre de bout en bout , de sa direction d’acteurs jusqu’à son propre et singulier regard de cinéaste. Au cœur des légendes bretonnes, entre deux dolmens, elle filme la vie et ses contradictions avec justesse en sachant capter ce naturel des sentiment et du quotidien. Cette indépendance d’esprit qui rappelle l’œuvre magistrale de Maurice Pialat, fait de ce premier film une sorte d’enfant spirituel et réussi d’une union entre le mysticisme de Sous le soleil de Satan et de la fraîcheur et de la sensualité de A nos amours.

De la fragilité des mouettes empaillées au petit théâtre des variétés- Un grand texte dans une petite salle !
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Coline Crance

4 thoughts on “Poison violent de Katell Quillévéré”

Commentaire(s)

  • Merci de cette critique pour ce premier Long Métrage de katell , j’ai pu la rencontrer sur le tournage ,
    je l’ai vu travailler , je connais les risques . J’ai découvert une jeune femme généreuse , simple et brillante
    et j’ai trouvé son film émouvant , des personnages très épurés , sur un thème  » Spinozien  » ou l’immanence
    est sous-jacente , qui procède à la fois de la solitude dans un combat intérieur , entre le cour et la raison …
    Bravo ! Allez voir ce film ! – François BERNARD .

    juillet 19, 2010 at 14 h 51 min
  • Merci de cette critique pour ce premier Long Métrage de katell , j’ai pu la rencontrer sur le tournage ,
    je l’ai vu travailler , je connais les risques . J’ai découvert une jeune femme généreuse , simple et brillante
    et j’ai trouvé son film émouvant , des personnages très épurés , sur un thème  » Spinozien  » ou l’immanence
    est sous-jacente , qui procède à la fois de la solitude dans un combat intérieur , entre le coeur et la raison …
    Bravo ! Allez voir ce film ! — François BERNARD .

    juillet 19, 2010 at 14 h 52 min

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