Cinema

« Nos années folles », nouveau film très juste d’André Téchiné, projeté lors d’une séance hommage (Cannes 2017, Hors Compétition)

« Nos années folles », nouveau film très juste d’André Téchiné, projeté lors d’une séance hommage (Cannes 2017, Hors Compétition)

23 mai 2017 | PAR Geoffrey Nabavian

Pour sa 70e édition, Cannes a tenu à inviter un réalisateur ayant présenté nombre de ses films dans toutes les sections, depuis les années 1970. Un homme au parcours lié, donc, au Festival…

[rating=4]

En salle Debussy, au soir du 22 mai, l’ambiance était prestigieuse et chaleureuse. André Téchiné était là, pour recevoir un hommage spécial, avec, parmi ses spectatrices, Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Emmanuelle Bart, Élodie Bouchez… Mais aussi Claude Lelouch, Nicole Garcia… Le réalisateur à la longue carrière a avoué que cet hommage allait lui servir plutôt à regarder vers l’avant, avant d’adresser des louanges spéciales à C. Deneuve, avec laquelle il fit sept films.

Il nous a été donné, ensuite, non pas de revoir Ma saison préférée ou Les Roseaux sauvages, mais de visionner Nos années folles, sa nouvelle oeuvre, venue succéder à Quand on a 17 ans. Nos années folles, où un film avec à sa tête un couple excellent, formé par Pierre Deladonchamps (L’Inconnu du lac), et la désormais célèbre Céline Sallette. L’histoire vraie d’une femme qui eut l’idée d’une solution pour que son mari, déserteur de la Première Guerre mondiale, ne soit pas arrêté : qu’il commence à se déguiser en femme.

Au sommet, donc, Céline Sallette et Pierre Deladonchamps, tous deux fiévreux, elle, dans son inquiétude, et lui, dans ses hésitations. Leur naturel fait des merveilles. Mis en scène avec pas mal d’idées, des éléments historiques ne prenant pas trop de place,  et de bonnes ruptures de rythme, telle cette conclusion sèche, inattendue, et doté d’une action courant sur plusieurs années, Nos années folles se révèle porteur de pas mal d’émotions. Et très bien interprèté par tous : tels Michel Fau, impérial dans son rôle d’animateur de music-hall… Ce voyage à la suite d’un homme qui finira mal, incapable de choisir entre ses identités, ést mis en scène avec fougue, et envie. Avec des touches originales. De bon augure pour les prochains Techiné, car il y en aura…

Visuel : ARP Selection

« En attendant les hirondelles », belle traversée algérienne, plaisante et maîtrisée [Cannes 2017, Un certain regard]
« Mise à mort du cerf sacré » : un film très dur, désagréable mais humain tout de même [Cannes 2017, Compétition]
Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *