Cinema

Moi, Moche et Méchant, vilains vs vilains

05 octobre 2010 | PAR Pamina Le Guay

Dans un charmant quartier résidentiel délimité par des clôtures de bois blanc et orné de rosiers fleurissants se dresse une bâtisse noire entourée d’une pelouse en friche. Cette façade sinistre cache un secret : Gru, un méchant vilain, entouré d’une myriade de sous-fifres et armé jusqu’aux dents, qui, à l’insu du voisinage, complote le plus gros casse de tous les temps : voler la lune.

Les temps sont durs, pour le business du mal : depuis l’arrivée de jeunes méchants aux dents longues, c’est la crise. Gru a été coiffé au poteau, alors qu’il est le plus grand méchant du monde, par un illustre, et jeune, inconnu qui a volé la grande pyramide de Gizeh en Egypte. Afin de retrouver sa gloire d’antan Gru, doit se mettre au niveau du marché, planifie le casse du siècle : voler la lune.

Comme tous les supers-méchants, Gru affectionne toutes sortes de sales joujoux. Il possède une multitude de véhicules de combat aérien et terrestre et un arsenal de rayons immobilisant et rétrécissant avec lesquels il anéantit tous ceux qui osent lui barrer la route.  Grâce à tout ça il a la main mise sur sa banlieue et une réputation solide de méchant, jusqu’au jour où tout bascule : la banque du mal lui refuse un prêt. Son banquier ne lui fait plus confiance, il a investi dans du sang neuf : Vector. La guerre est déclarée.

Gru capture Margo, Edith et Agnès, trois petites orphelines vendeuses de cookies afin d’infiltrer la forteresse de Vector, gardée par une technologie hallucinante et un grand requin blanc. Dès lors, ses machinations vont connaître un obstacle de taille : l’arrivée dans sa vie des trois fillettes qui vont voir chez lui autre chose qu’un terrifiant et machiavélique criminel.

Un méchant rose bonbon

Plus encore qu’un antihéros, c’est ainsi un vrai méchant que l’équipe du film voulait en personnage principal. Et à bien des égards, Gru n’a pas usurpé son titre de super-vilain. Pourtant, au fur et à mesure que se déroule le long-métrage, il faut se rendre à l’évidence : les auteurs ont flanché vis à vis de ce concept prometteur. Gru est un « méchant », mais il n’est jamais le méchant de l’histoire. Il est même clairement identifié comme le « gentil » puisqu’il n’est jamais confronté qu’à d’autres super-méchants, encore plus diaboliques que lui, à commencer par sa propre mère.

La véritable visée de Moi, moche et méchant : parler au cœur des spectateurs, les émouvoir grâce au récit de ce super-méchant dont la carapace fond au contact de trois orphelines. Comme la combinaison d’astronaute de Gru, ces petites filles ont tendance à faire tourner au rose bonbon tout ce qu’elles touchent.

Le mal évite néanmoins d’être définitivement enterré sous le sentimentalisme excessif car il lui reste son arme la plus puissante : l’humour. Pas forcément noir mais diablement efficace tout de même. Pour commencer se cache derrière la silhouette hitchcockienne de Gru l’excellent Steve Carell (Gad Elmaleh dans la VF), qui livre ici une sorte de version diabolique – et russe – de son rôle de patron dans la série The Office. Une analogie d’autant plus frappante que l’on reconnaît parfaitement les mimiques du comédien dans ce personnage, résultat du très bon boulot des réalisateurs Chris Renaud et Pierre Coffin ainsi que des animateurs français du studio Mac Guff.

A fond les minions!

Mais la vraie réussite du film, ce sont, sans aucun doute, les minions de Gru, ces petites bestioles jaunes que Willy Wonka troquerait sans remord contre ses umpa lumpas. Purs produits de l’animation, les minions ne figuraient pas dans l’idée originale du film. Mais ces adorables et malicieuses créatures qui constituent l’armée de Gru sont vite devenues les favorites des animateurs. Si leur voix est d’abord une création de Pierre Coffin, les deux réalisateurs leur ont attribué un langage volontairement incompréhensible. C’est, Steve Carell, lui-même, qui a baptisé les minions. Pendant les séances d’enregistrement, il s’est mis à les appeler Danny ou Tom. Bien qu’ils se ressemblent tous et qu’ils soient innombrables, l’acteur a pensé que Gru devait connaître nommément chacun de ses joyeux petits travailleurs.

S’il n’est donc pas aussi méchant qu’il voudrait bien l’être, loupant ainsi une belle occasion de proposer du neuf, Moi, moche et méchant sait tout de même ménager son petit effet grâce à son humour, sa réalisation soignée et sa musique punchie signée Hans Zimmer et Pharrell Williams. Avec cette production franco-américaine, Illumination Entertainment, le tout jeune studio d’animation Universal, fait, donc, une entrée appréciable sur le marché du film d’animation.

Moi, Moche et Méchant, en salle le 6 octobre.

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Pamina Le Guay

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