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[Live Report] Arras Film Festival 2015 : Jour 3

[Live Report] Arras Film Festival 2015 : Jour 3

22 novembre 2015 | PAR Hugo Saadi

 Du 6 au 15 novembre se tenait le Arras Film Festival. Le jeudi 12, la compétition officielle débutait. Suite aux attentats du vendredi 13 au soir, l’organisation en accord avec les autorités ont maintenu le festival jusqu’à sa clôture, dimanche soir. Toute La Culture était présent à partir de ce vendredi. Retour sur les différents jours de compétition, où régnait une ambiance lourde et une émotion intense, mais où les films étaient devenus un lieu d’évasion de l’esprit. Dimanche 15 novembre.

1944_06

Cette dernière journée commence à nouveau avec un sujet assez dur : la Seconde guerre mondiale. Au bout de quelques secondes, 1944 de Elmo Nüganen, nous embarque dans les tranchés aux côtés des soldats allemands faisant face à l’Armée Rouge. La caméra de l’estonien multiplie les angles de prises de vue. Avec 1944, le réalisateur souhaite retracer le destin de ces jeunes estoniens contraints de rejoindre l’un des deux camps. Avec un côté « Joyeux Noël », Elmo Nüganen maîtrise son sujet sans tomber dans le pathos, mais rate le coche en terme de narration. Passant la moitié du métrage avec l’armée allemande, puis l’autre avec l’Armée rouge, le film manque de liant pour livrer une véritable fresque historique où l’intimité du soldat était bien mise en avant, mais livre un propos intéressant.

p2C’est une autre guerre qui est projetée lors de la séance suivante et celle-ci est tout autant traumatisante dans Bloody Sunday de Paul Greengrass. Dans la section « Irlande, d’un conflit à l’autre », la vision de cette reconstitution en temps réel de cet événement tragique du dimanche 30 janvier 1972 était nécessaire. Avec une caméra à l’épaule et des points de vues multiples, Greengrass dresse un large panorama de cette journée sanglante, qui sera le point de départ d’une longue guerre civile. Puissant et très réaliste, Bloody Sunday prend aux tripes jusqu’à son générique de fin, où la musique de U2 résonne tristement avec l’actualité de ce week-end du 13 novembre 2015.

what-s-between-us_03Retour dans la compétition avec What’s between us, réalisation suisse de Claudia Lorenz. Beaucoup plus léger à première vue, le film gagne en intensité au fil des révélations. La réalisatrice pose sa caméra dans la maison de Alice et Frank, 18 ans de mariage et parents de trois jeunes enfants. Le quotidien suit son cours jusqu’à ce que le père révèle son homosexualité. Claudia Lorenz aborde avec finesse la question de l’homosexualité et décide de mettre le spectateur devant deux cas de figure : la réaction de la femme découvrant que son mari veut désormais vivre avec un autre homme, et le point de vue des enfants qui se sentent trahis, abandonnés. Eux-même sont alors confrontés à leurs problèmes amoureux d’adolescents et face à une mère complètement désemparée, ils doivent prendre la relève. Enfin, le film garde en intensité grâce à un huis-clos quasi complet (90% du métrage).

les-memoires-du-vent_02On termine le festival avec le dernier film de la compétition : Memories of the wind du turc Özcan Alper. Nous sommes en 1943, la Turquie est alliée avec l’Allemagne nazie. Le gouvernement mène une répression brutale contre tous les opposants politiques. Le film va suivre le périple de Aram, traducteur et peintre obligé de fuir pour sauver sa peau. Il trouve refuge auprès d’un jeune couple en pleine campagne. À l’image des enjeux du film Thirst, cette incursion dans la vie du jeune couple va bouleverser tous les fondements. Long (2h25) et ennuyant, le film se sauve grâce à de superbes paysages et à des interprétations de haute volée.

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Hugo Saadi

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