Cinema

Les rêves dansants : sur les pas de Pina Bausch

18 octobre 2010 | PAR Alienor de Foucaud

En salle depuis le 13 Octobre, le documentaire d’Anne Lensel et Rainer Hoffmann retrace les origines du projet de Kontakthof, un ballet de Pina Bausch pour de jeunes adolescents n’ayant jamais été sur scène. Une aventure unique retranscrite en mémoire de la grande dame du Tanztheater.

Créée en 2008 à Wuppertal, fief de Pina Bausch, cette version pour adolescents de Kontakthof bouclait une trilogie, donnant suite à la version de 1978, première création, puis celle de 2000, pour seniors. La caméra d’Anne Lensel et Rainer Hoffmann se glisse ainsi dans l’intimité des répétitions, mêlant aux bribes de chorégraphies, témoignages et confidences. Jo-Ann Endicott et Bénédicte Billet, les deux répétitrices, proches de Pian sont ici dépeintes comme deux grandes sœurs, plus que simples professeurs de danse.

Le ballet porte la marque de Pina Bausch, il y est question de contacts humains, de rencontres entre les sexes, de quête de l’amour et de tendresse avec toutes les angoisses, aspirations et doutes que ces thèmes inspirent. Kontakthof (« cœur de contacts » en français, mais aussi « maison de passe ») interroge les corps, la fluidité et la souplesse des gestes qu’ils rendent possibles ou non.

46 élèves venus de 12 écoles différentes ont ainsi répété pendant une année chaque samedi. Agés de 14 ans et plus, ces jeunes ont su apporter leur fraicheur et leur candeur à la création de Pina Bausch. « La danse est une terre inconnue pour nous » cantonnent-ils. Un défi qu’ils se lancent à eux-mêmes. Toute la beauté de ce documentaire réside dans la lente appropriation de ce ballet par de jeunes novices, la transmission d’un rôle avec ses déchirures et son vécu. On voit à l’image la timidité et la pudeur de ces élèves qui hésitent à enlever un pantalon ou encore à se toucher sur scène.

En leur transmettant ce ballet, Pina Bausch a permis à ces jeunes adolescents d’apprendre à oser, à lâcher prise et à se laisser aller au mouvement de la danse. Tous sont unanimes à la fin du projet, ils ont davantage confiance en eux et n’ont plus aucun mal à prendre la parole en public ou à monter sur scène. « A force de bouger, de se tenir droit, de travailler, ils ont pris conscience d’une chose : leurs corps » disent les répétitrices.

Kontakthof est née de questions et d’interrogations, ces jeunes danseurs en donnent les réponses. Ce documentaire offre un dernier hommage à la chorégraphe et sait illustrer avec talent la ligne artistique qui caractérise l’œuvre de Pina Bausch, inscrite tout à la fois dans les déceptions, désespoirs, premières expériences, ainsi que dans la tendresse et de ce qu’elle peut faire naître.

Les rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch

En salle depuis le 13 Octobre

Accéder aux séances


Infos pratiques

Gagnez 20×2 places pour le spectacle « Notes » au Dansoir
9e Fête du Cinéma d’Animation, du 20 au 31 octobre dans toute la France!
Alienor de Foucaud

One thought on “Les rêves dansants : sur les pas de Pina Bausch”

Commentaire(s)

    Publier un commentaire

    Votre adresse email ne sera pas publiée.

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *