Cinema

Les comédiennes de Mourir comme un homme agréssées à Belleville

29 avril 2010 | PAR Amelie Blaustein Niddam

agression- transexuelles- mourir comme un homme« Mourir comme un homme » est un film du réalisateur portugais, Joao Pedro Rodrigues. Il a été présenté au festival de Cannes 2009 dans la sélection « Un certain regard ».Il  est sorti en salles le mercredi 28 avril 2010 et a reçu un très bon accueil au sein de notre rédaction. Les comédiennes ont été agressées à Paris, mardi 27 avril.

Daniel Chabannes, les actrices transsexuelles Cindy Scrash et Jenny Larue ainsi que d’autres membres de l’équipe du film Mourir comme un homme, alors en ballade dans les rues de Belleville ont été pris à partie rapporte le journal Têtu :

«Les transsexuels sont interdits dans le quartier!»  ont crié les agresseurs. Quelques minutes plus tard, rue des Envierges, trois hommes les insultent, assenant des propos tels que «bande de pédés!» et «les transsexuels sont interdits dans le quartier!». Ils leurs jettent des pierres et des bouteilles vides. Les victimes se sont alors réfugiées dans le véhicule du producteur. » ( Têtu)

«Les agresseurs ne voulaient pas en rester là, ils ont sauté sur la voiture, donné des coups, et cassé mon rétroviseur. Je suis donc sorti de mon véhicule pour leur demander d’arrêter, et l’un d’entre eux m’a volé mon portable. C’est hallucinant, c’est la première fois que je vois ça», raconte Daniel Chabannes, interrogé par TÊTU.  » ( Têtu)

La LGBT a immédiatement réagi à l’occasion d’un communiqué de presse condamnant l’agression , informant que Daniel Chabannes avait porté plainte et souhaitait faire appel à la HALDE. Egalement » le Centre LGBT Paris IdF rappelle au Ministère de l’intérieur que sur le territoire de la République, les droits humains doivent être respectés et garantis à tout moment et pour chacun et demande que les agresseurs soient arrêtés et jugés comme il se doit.

En outre, il serait opportun d’agir avant que les individus ne se sentent en droit de commettre des actes homophobes, lesbophobes ou transphobes et ceci implique que dès le plus jeune âge, les valeurs de respect et d’égalité soient enseignées ; c’est aussi le rôle de l’éducation nationale. »

Pour Coline Crance, rédactrice cinéma pour la Boite à sorties , il s’agit d’un « Évènement profondément choquant, qui pose la question de l’impact que peuvent avoir ces films dans l’esprit des spectateurs. Depuis quelques temps l’apparition du couple homosexuel au cinéma tend à se faire de plus en plus fréquente et n’est plus spécifique à un cinéma gay. Le refuge, Domaine, Nuit d’ivresse printanière, Mourir comme un homme sortis en cette début d’année 2010 le prouvent. Mourir comme un homme l’affirme d’autant plus qu’il touche à l’univers du transsexualisme livrant ainsi une réelle leçon d’humanité à travers cette héroïne attachante qu’est Tonia. Mais l’évènement de mardi dernier montre que ce qui est admis par l’image ne l’est pas forcément par les yeux. Alors que la censure sévit en Chine contre Nuit d’ivresse printanière, on peut se demander si en France face à cette agression, cette censure ou ce rejet ne s’opère pas de façon autonome chez le potentiel spectateur. Le cinéma serait- il un nouvelle fois en avance sur la société d’aujourd’hui ou bien est-ce juste la société qui opère un bond en arrière ? »

Sources : Têtu et LGBT Paris Idf

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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