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Critique: Les 5 légendes, film d’animation Dreamworks épique et réussi, bel hommage à la force des croyances enfantines

Critique: Les 5 légendes, film d’animation Dreamworks épique et réussi, bel hommage à la force des croyances enfantines

03 décembre 2012 | PAR Gilles Herail

[rating=4]

Rise of the Guardians est une bonne surprise, un conte de Noel qui parle des enfants d’une manière plutôt intelligente, propose le souffle épique nécessaire et une bose dose de merveilleux.

Noël réserve toujours son lot de films estampillés “sortie familiale pour les fêtes”. Un genre surtout prisé par le cinéma américain, qui gère son monopole en produisant à la chaine la série des Santa, Scrooge, Grinch … Dreamworks se lance ici un défi plutôt intéressant. Un conte façon The Avengers, réunissant les stars des légendes pour enfants (américains), réunis dans une grande bataille pour sauver les rêves des enfants. Les 5 légendes est l’un des tous meilleurs Dreamworks, n’égalant pas le magnifique Dragons mais un cran au dessus des dernières productions d’une firme souvent paresseuse. Rise of the guardians est surtout plein de surprises, abordant une multitude de thèmes qui dépassent le cadre annoncé d’une bonne idée marketing surfant sur la réunion de personnages connus et populaires dans la culture américaine.

Car plus qu’un Avengers familial, Rise nous parle de la naissance d’un héros relativement complexe. Ce Jack Frost, sorte de démon farceur sans réelle identité, jouant ses petits tours sans réelle conviction, et manquant surtout de reconnaissance. Invisible aux yeux des enfants, là ou les figures établies (le lapin de Pâques et le père Noël en tête) font rêver sans avoir à réellement s’investir. Dreamworks nous parle donc d’identité, de statut, du sentiment d’indifférence. Ce sentiment qui le rapproche du très réussi méchant, proche d’un Voldemort cherchant à éteindre l’espoir mais aussi la fantaisie des enfants. C’est l’autre bonne idée du film, le thème de l’émerveillement, de la magie mais aussi de la richesse et la force des croyances des enfants.

Le film a le mérite d’amener du merveilleux, grâce à des scènes d’action visuellement très efficaces, la multiplication des univers, des couleurs, des effets. La présence d’un personnage très poétique, le marchand de sable. On peut regretter le manque d’universalité du propos, très concentré sur la culture américaine même si un clin d’œil est fait aux « divisions européennes » de la fée des dents, notre bonne vieille petite souris. Une ligue des légendes des cinq continents réunies aurait peut être eu plus de force. Les cinq légendes n’évitent pas non plus totalement la mièvrerie, un manque de lisibilité dans des scènes d’action trop spectaculaires, et un humour sans intérêt (le personnage du père Noël, sans aucune inventivité). Malgré ces quelques réserves, Dreamworks a réussi un vrai conte de Noël, ambitieux et à la noirceur surprenante pour un produit de ce type.

Gilles Herail

Rise of the Guardians, un film d’animation américain de Peter Ramsey, 97 minutes, sortie le 28 novembre 2012

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