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Le Marquis: une comédie sans éclat

Le Marquis: une comédie sans éclat

13 mars 2011 | PAR Gilles Herail

Suivant le succès de L’amour c’est mieux à deux, Le Marquis est la nouvelle comédie de l’ex nul Dominique Farrugia. La critique de cette comédie d’action poussive qui surnage grâce à la qualité de ses dialogues et son duo Dubosc/Berry étonnant.

Synopsis officiel: « Thomas Gardesse, VRP en système d’alarme, est arrêté pour un fait mineur et envoyé en prison pour 6 mois. Afin de gagner le respect des détenus il se fait passer pour Le Marquis, un génie du casse dont personne ne connaît le visage. Quinze jours avant sa sortie, un braqueur du nom de Quentin Tasseau le fait évader pour l’emmener à Manille afin qu’il participe à un casse pour lequel le commanditaire a besoin des talents du Marquis…

Le Marquis montre une nouvelle fois après Incognito que Dubosc est bien meilleur quand il délaisse ses caricatures excessives. Contrairement à ce que l’on peut lire ici et là, le personnage de Thomas Gardesse n’est pas un énième avatar de Perrin ou Pignon et Le Marquis se différencie quelque peu du buddy movie à la Veber. C’est la plus grande qualité du film qui construit un couple comique dans une relation de quasi égalité, malgré des traits de caractère différents. Berry n’est pas simplement le tueur mono-expressif annoncé par la bande-annonce mais un malfrat fatigué et dépassé par les évènements.

Le duo est donc plus proche d’un couple de losers réuni contre le vrai méchant (Anglade.) Servie par des dialogues qui retrouvent par intermittence la savoureuse absurdité Nullesque, la paire Dubosc/Berry fonctionne sur une tonalité tendre, affectueuse, s’éloignant du traditionnel duo emmerdeur/emmerdé. Le Marquis n’est pas un désastre. Il montre seulement l’incapacité des films français à mêler humour et action.

Le genre balisé de la comédie de hold up a besoin d’un scénario solide pour maintenir le spectateur dans un certain suspense. Les faiblesses du script ne permettent jamais au film d’atteindre cette crédibilité nécessaire. Les choix artistiques du réalisateur Farrugia sont directement en cause dans l’impression d’amateurisme qui flotte en permanence. La mise en scène multiplie les fautes de goût avec des split screen mal intégrés, des arrêts sur image en voix off et des effets d’incrustation de texte sur l’écran. On sent la volonté de s’approprier des codes hollywoodiens mais l’habillage fait toc.

Plutôt sympathique au demeurant, Le Marquis ne sait pas utiliser ses bonnes idées en retombant parfois dans le classique duo que tout oppose qu’il semblait pourtant vouloir transgresser. Le film de Farrugia illustre une difficulté actuelle du cinéma français face au « modèle » américain. Largo Winch est l’exception: en mettant les moyens et en soignant la forme, Jérome Salle a remporté son pari d’une production internationale spectaculaire. Le Marquis fait lui bien pauvre comparé aux comédies d’action du même style et ne tient donc pas son rang. On aurait préféré moins d’exotisme et de cascades bon marché pour se recentrer sur la drôlerie des dialogues et la complicité des deux acteurs principaux.

Gilles Hérail

Le Marquis, une comédie d’action de Dominique Farrugia avec Franck Dubosc, Richard Berry et Jean-Hugues Anglade, sortie le 9 mars 2011, 1h30

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