Cinema
Le bon grain et l’ivraie : Manuela Frésil en terre d’asile

Le bon grain et l’ivraie : Manuela Frésil en terre d’asile

27 octobre 2020 | PAR Kevin Sonsa-Kini

Le bon grain et l’ivraie est le nouveau film documentaire de Manuela Frésil en salles ce mercredi 28 octobre. Il suit le quotidien d’enfants de parents demandeurs d’asile. La réalisatrice qui a déjà travaillé avec des femmes migrantes qui avaient des enfants, livre ici un documentaire émouvant et poignant. Elle en parle pour Toute la culture. 

« En petite bande joyeuse, ils dansent, rient, font des batailles de boules de neige, mais où dormiront-ils cette nuit ? Dans un hall de gare ? Dans un centre d’hébergement ? En France, aucun enfant ne devrait se poser ces questions. » Ce sont justement ces questions que Manuela Frésil s’est posée pour la conception de ce film documentaire réalisé à Annecy en Haute-Savoie. Durant une année, la réalisatrice s’est rendu sur place trois semaines pendant deux mois. Elle a filmé des enfants de migrants qui parlent la langue française comme s’ils étaient nés sur place, alors que les parents silencieux et inquiets, tentent de préserver un semblant de vie de famille. 

Tout est parti d’une rencontre avec des enfants dans un centre d’hébergement d’urgence. « Je me suis aperçue que, lorsque ces enfants quittaient le centre d’hébergement d’urgence, ils se retrouvaient à la rue et n’étaient pas mis à l’abri, raconte Manuela Frésil. La loi française impose que toute personne en situation de détresse doit être mis à l’abri, et encore plus quand ce sont des enfants. », poursuit-elle. 

Quatre ans ont fallu pour la réalisation de ce film documentaire. Un processus semé d’embûches pour la réalisatrice : « Ce qui était compliqué, c’est qu’il y avait des enfants qui disparaissaient, d’autres qui apparaissaient et d’autres qui revenaient. Ça rendait la réalisation du film plus compliquée parce que je ne savais pas ce qui allait se passer. » Il n’a pas été facile pour Manuela Frésil de convaincre les familles de participer à son film documentaire. « C’est très délicat d’accepter le fait d’être filmé, remarque t-elle. Il faut tout mettre en œuvre pour établir une relation de confiance avec eux. C’est l’une des grosses difficultés du métier. Il faut être d’une honnêteté absolue. Il ne faut absolument pas instrumentaliser ou manipuler les gens. De fil en aiguille, ces familles m’ont fait confiance. » 

Le bon grain et l’ivraie n’a pas pour but de véhiculer un message particulier. Cependant, le format du cinéma-documentaire, selon la réalisatrice « permet de partager aux spectateurs, l’expérience qu’on a vécu ensemble ». Même si Manuela Frésil ne souhaite pas faire de la communication ou de la politique, elle souhaite que son documentaire puisse permettre la régulation des familles qu’elle a rencontrées. 

Réalisatrice de documentaires depuis 1992 après avoir été scénariste de fictions, Manuela Frésil, qui s’est déjà intéressée aux conditions des femmes africaines immigrées à Paris dans La femme de mon mari en 1994, aura t-elle fait fort avec Le bon grain et l’ivraie ? « Je ne sais pas si c’est mon meilleur documentaire. Ce n’est pas moi qui peut le dire ! », sourit-elle. 

Visuels : © Just Doc 

Le bon grain et l’ivraieun film de Manuela Frésil (sortie le mercredi 28 octobre 2020), France, 94 min. 

En partenariat avec : La LDH (Ligue des droits de l’homme), Attac, la Cimade, Emmaüs, la Cloche, Plan International, la Fédération des acteurs de la solidarité…

Avec le soutien du Centre national de la cinématographie et de l’image animée, de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, de la Procirep. Et la participation du Fonds Images de la diversité. 

Page Facebook du film : https://www.facebook.com/LBGdoc

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