Cinema

La Yuma, love story et boxe au Nicaragua : une comédie très punchy !

19 septembre 2010 | PAR Olivia Leboyer

La Yuma est le premier film produit au Nicaragua depuis 20 ans ! Rien que pour cela, le film vaudrait le détour. Surprise : il s’agit d’une comédie romantique en bonne et due forme, absolument charmante et pétillante. Réalisée avec trois bouts de ficelle, mais aussi réussie qu’un blockbuster américain ! Triomphe au Nicaragua, primé dans plusieurs festivals, le film séduit sans peine, grâce à une actrice formidable. Sortie le 29 septembre.

La réalisatrice, Florence Jaugey, vient du documentaire. La Yuma est son premier film de fiction. Loin de tout misérabilisme, ce film opte résolument pour un ton vif, joyeux, entraînant. Le but est visiblement de séduire, de drainer le maximum de spectateurs. Avec très peu de moyens financiers et techniques (le film a été tourné en peu de temps, dans la précarité), La Yuma a été porté par l’enthousiasme de tout un pays. Au Nicaragua, le film a fait explosé le box-office. Présenté dans de nombreux festivals, en Amérique latine et en Europe (France, Hollande, Allemagne), il emporte chaque fois l’adhésion.
La raison ? Si l’on résume l’intrigue, cette comédie a un petit air de déjà vu. Yuma (surnom tiré d’une télénovela brésilienne, et qui veut dire quelque chose comme « la féline » ou « la tigresse ») est une jeune fille, battante dans l’âme, qui rêve de devenir boxeuse professionnelle. Issue d’un quartier défavorisé, où règne la loi des gangs, elle doit constamment se défendre et se battre. Un beau jour, témoin d’un vol à la tire, elle rencontre Ernesto, un séduisant étudiant en journalisme. Ils n’ont pas les codes pour se comprendre, mais se plaisent immédiatement. L’énergie et l’agressivité de Yuma déconcertent Ernesto autant qu’elles l’attirent. Il n’a jamais vu une jeune fille comme ça. Quant à elle, le conte de fées lui semble, d’entrée de jeu, un peu trop beau…
La grande force du film, c’est son actrice. Alma Blanco (Yuma) est irrésistible, tout en contrastes, avec son visage d’ange et ses muscles d’acier ! Son regard, à la fois émerveillé et fatigué d’avoir vu trop de choses, nous émeut immanquablement.
Tout le monde fond devant Yuma, même sa patronne (très drôle !), directrice d’une petite boutique de fringues un peu kitsch. D’abord désarçonnée par le manque d’implication total de la jeune fille pour la vente de vêtements, la dame finit par céder au charme de Yuma, et la laisse déserter le magasin pour suivre ses entraînements de boxe.
Comment s’en sortir, dans un pays où 70% des jeunes rêvent de partir à l’étranger ? Yuma ne s’illusionne pas, s’attachant à suivre son instinct et à lutter au jour le jour, coûte que coûte.
On pourrait reprocher au film d’en faire trop. La peinture des gangs, en particulier, paraît un peu caricaturale, à l’emporte-pièce. Parmi les seconds rôles, certains s’en tirent mieux que d’autres (la patronne de la boutique ou l’entraîneur de boxe sont extraordinaires ; le gentil travesti tout droit recopié d’un Almodovar, un peu moins). Un peu de Million dollar baby (la jolie boxeuse), un soupçon de The Full Monty (le club de strip tease), un zeste de Dirty Dancing (la romance sur fond de lutte des classes).
Mais, au final, La Yuma réussit son coup, frappant par sa fraîcheur, sa bonne humeur, son enthousiasme communicatif. La musique (réalisée par un compositeur mexicain + des musiques de rap, de reagaeton et de rock métal made in Nicaragua) rythme avec bonheur cette petite comédie pleine de peps et de vie. La Yuma ne révolutionne pas le cinéma, mais il a traversé l’Océan (et toutes sortes de difficultés) pour venir jusqu’à nous et séduit à tous les coups.

La Yuma, de Florence Jaugey (Nicaragua, France, Espagne, Mexique), avec Alma Blanco, Rigoberto Mayorga, Gabriel Benavides, Maria Esther Lopez ; sortie le 29 septembre 2010.

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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