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La planète des singes, les origines: un blockbuster intimiste surprenant

La planète des singes, les origines: un blockbuster intimiste surprenant

14 août 2011 | PAR Gilles Herail

Précédé d’une excellente réputation, le blockbuster le moins attendu de l’été a réalisé des performances étonnantes au box-office américain. La critique d’un film presque intimiste, de plutôt bonne facture, d’où l’on ressort cependant avec l’impression d’un léger gâchis.

Synopsis: Dans un laboratoire, des scientifiques expérimentent un traitement sur des singes pour vaincre la maladie d’Alzheimer. Mais leurs essais ont des effets secondaires inattendus : ils découvrent que la substance utilisée permet d’augmenter radicalement l’activité cérébrale de leurs sujets. César, est alors le premier jeune chimpanzé faisant preuve d’une intelligence remarquable. Mais trahi par les humains qui l’entourent et en qui il avait confiance, il va mener le soulèvement de toute son espèce contre l’Homme dans un combat spectaculaire.

La planète des singes version Burton n’avait pas convaincu grand monde. Le film, honnête, n’arrivait que par moment à saisir la puissance du classique de Pierre Boulle. Suivant la mode actuelle du prequel après X-Men First Class, le meilleur film de studio de l’année, Rise of the planet of the apes a de bons arguments pour convaincre. Une réussite technique et artistique saisissante sur l’expression des visages simiesques (Andy Serkis est décidément un grand acteur). Un scénario passionnant et assez noir voire cruel dans la description d’un univers carcéral. Et surtout une qualité qui se fait de plus en plus rare dans un gros film américain du mois d’aout. La patience. La planète de singe les origines prend son temps. Installe ses personnages. Prend l’aspect d’un drame familial et d’une chronique intimiste.

La révolution annoncée n’engage pas des armées de singes multipliés par effets numériques mais est le parcours d’un seul personnage, l’incroyable César, intermédiaire entre l’homme et le singe. L’action se fait plutôt rare et le film ose s’attarder sur les enjeux de l’histoire. La confiance et la fidélité. La maitrise de la science. Et surtout l’asservissement et l’émancipation. On ne peut alors qu’amèrement regretter les faiblesses de la dramaturgie et de la gestion du rythme. Le montage maladroit échoue souvent à créer la tension qui scotcherait le spectateur à son fauteuil. Pire, certaines passages très mal amenés font même parfois sourire. Le succès du film entrainera surement la mise en route d’une suite clairement anticipée par les images diffusées lors du générique. On l’espère aussi ambitieuse et réaliste mais mieux maitrisée, pour effacer l’impression d’inachevé de ce blockbuster intelligent à qui il manque la patte d’un réalisateur de talent. Surement le meilleur film hollywoodien de l’été mais quelque peu frustrant.

Gilles Hérail

Rise of the planet of the apes, un film de science-fiction de Rupert Wyatt avec James Franco et Andy Serkis, 2h00, sortie en France le 10 aout 2011

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