Cinema
L’étranger: film de gangsters ou parodie?

L’étranger: film de gangsters ou parodie?

03 décembre 2010 | PAR Gilles Herail

Entre film noir sur le milieu de la prostitution parisienne et comédie (involontaire ?), l’étranger ne restera pas dans les annales du genre. Un premier long muni de bonnes intentions qui n’arrive jamais à impliquer le spectateur. La critique.

L’étranger plante son décor dans un bar sexy miteux où des petits mafieux organisent un coup pour récupérer une mallette, forcément remplie de cash. La réussite de leur plan est contrariée par l’arrivée d’un inconnu venu de l’est qui s’immisce dans leurs affaires.

Même en occultant la faiblesse de la facture visuelle, franchement pas aidée par les conditions de la projection presse (copie DVD non finie), le premier film de Franck Llopis n’arrive jamais à convaincre. La faute à un sur jeu permanent des acteurs et à des dialogues qui sonnent toujours faux. Le réalisateur semble ne jamais savoir sur quel pied danser en rendant un hommage tellement appuyé qu’il en devient parodique à tous les clichés du film du genre. Cigares, vocabulaire grossier, jeune pute qui se cherche, flic véreux, regards pseudo inquiétants. On ne croit pas une seule seconde à ce qui se déroule sous nos yeux.

La direction d’acteurs est le principal problème du film qui voit Aurélien Recoing se ridiculiser dans une imitation très approximative de Robert Deniro. Les acteurs ne sont cependant pas aidés par des dialogues très mal écrits qui alimentent le sentiment de gêne du spectateur. Les dernières minutes, semble-t-il volontairement parodiques font moins peur que le reste en occultant l’aspect dramatique très mal exploité dans la première partie.

C’est finalement le personnage de l’étranger lui-même et sa relation avec la jeune femme qui attire le plus d’indulgence, malgré son caractère très improbable. L’étranger est donc une bizarrerie d’amateur que l’on ne saurait recommander. A éviter.

L’étranger, un film de Franck Llopis avec Aurélien Recoing, sortie le 8 décembre.

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Gilles Herail

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