Cinema

Jeu de Paume : Fellini, la Grande Parade

22 octobre 2009 | PAR Coline Crance

Le Jeu de Paume du 20 octobre 2009 au 17 janvier 2010 en collaboration avec la Cinémathèque française et l’Institut culturel italien de Paris rend hommage à l’un des grands maîtres du cinéma italien, Federico Fellini !

L’exposition « Fellini, la Grande Parade » met en lumière l’univers fantasque du maestro.

« Le mot réalisme ne veut rien dire. Dans une certaine mesure, tout est réaliste. Il n’ y a pas de frontière entre l’imaginaire et le réel. » Federico Fellini

Fellini : entre réel et onirisme

fellini11Il est difficile d’esquisser la biographie d’un homme aussi polyvalent que Fellini. Dessinateur, scénariste, cinéaste et même passionné de BD, il fait figure d’un génial « touche à tout ». C’est ce que montre l’exposition, mêlant dans chaque salle, à la fois des dessins, photos, extraits de films et archives de presses. Elle permet de dévoiler à la fois l’homme et ce « cinéaste au travail », exigeant et insatiable de cette réalité qui lui est proposée. En effet, pour Fellini, la réalité vacille entre deux univers : le rêve et le quotidien. Intimement liés, ils s’unissent à la faveur de son regard et font de Fellini ce génial visionnaire et chroniqueur aigre doux de ce monde de l’Italie de l’après guerre. Chez Fellini, le sens n’est jamais donné. Le non-sens interpelle le spectateur et lui ouvre les portes de cet onirisme fellinien. Rien n’est moins sûr dans son univers : se moque-t-il vraiment de Casanova ? Dans Huit et demi, est-ce réellement le portrait d’un cinéaste désabusé qu’il souhaite filmer ?

Fellini déconstruit le réel, il le détourne. Comme le montre ses dessins au cours de l’exposition, il part d’une idée, d’une esquisse, souvent « des seins et des nichons » déclare-t-il lui même. Il se fait étranger de la vie ordinaire pour mieux la révéler, créer cette « Grande Parade ». Le monde réel pour Fellini est un cirque, une association de drôleries, d’incompréhensions qu’il dévoile par le grotesque et l’exagération. Le monde est chimérique et il filme ces chimères, ces femmes, ces hommes « aux gueules particulières » ou bien à la beauté étourdissante, Marcello Mastroianni, Anita Ekberg… Mais rien n’est plus dangereux qu’une chimère…

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En effet, vers la fin de l’exposition, une des salles est dédiée au film Ginger et Fred. Fellini, dans ce film, dénonce le monde du spectacle mais aussi la société elle-même qui se met en scène. La vie ordinaire plus que le cinéma est une illusion. Et comme le montre les coupures de presse accompagnant les extraits projetés dans les différentes salles, ce sont plus les scandales et les censures qui font le mythe voir le film lui-même en lui donnant son sens. Dans la Dolce vita, que voulait dénoncer Fellini ?

Fellini évide la réalité pour mieux lui donner un sens qui lui est propre et qui nous est propre. Il ancre alors son œuvre dans une atemporalité et fait de lui un visionnaire. Ainsi, l’exposition nous plonge « dans cette Grande Parade », révèle l’univers de ce cinéaste, mais nous étourdi peut-être d’autant plus qu’elle ne nous donne réellement aucune clé, mais plutôt une invitation à nous interroger sur cet univers atypique, iconoclaste et halluciné.

 » Fellini, la Grande Parade« , Jeu de Paume, Place de la Concorde, Paris 1er, mar-dim 12h-19h, 6 euros (TR 4 euros). Notez que le premier mardi de chaque mois, l’entrée du Jeu de Paume est libre pour les étudiants.

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