Cinema

Gigantic, un premier film léger porté par ses acteurs

04 décembre 2009 | PAR Romain Giuseppone

Premier film du jeune réalisateur Matt Aselton, » Gigantic » bénéficie de la tolérance due au premier essai. Le réalisateur est parvenu à s’entourer de jeunes pousses en devenir comme Paul Dano (« Little Miss Sunshine ») et Zooey Deschanel (« L’assassinat de Jesse James » par le lâche Robert Ford, « Yes Man », « Phénomènes ») ou d’acteurs irrésistibles et toujours parfaits comme John Goodman ( « The Big Lebowsky », « O’Brother »…) .

Brian Weatherby, jeune homme renfermé, est vendeur dans un magasin de literie. Petit dernier d’une fratrie de trois garçons et enfant tardif de parents âgés, il complexe vis-à-vis de ses frères plus vieux, qui ont réussi socialement. Depuis tout jeune, Brian est possédé par le désir de devenir père et rêve d’adopter un enfant chinois. Il tente de mener sa barque tant bien que mal dans le long fleuve de la vie, omnubilé par cette histoire d’adoption, jusqu’à ce qu’Harriett « Happy » Lolly (Zooey Deschanel) fille de John Goodman dans le film (qui campe un businessman bourru et taciturne) vienne chercher un lit que son père a commandé. De là commence une attirance inexorable vers cette fille qui représente son exact opposé, à la fois extravagante et spontanée.

Véritable film en apesanteur, temps mort dans la frénésie sociétale,ce film a le mérite de jouer sur un tableau lyrique qui ne laissera pas indifférent ceux qui ont gardé l’espoir du romanesque en eux. L’histoire de Gigantic est assez originale pour mettre le spectateur dans l’énigmatique même si par certains cotés, elle reste bancale. Le style de Matt Asheton peut se comparer à Wes Anderson et ses films comme la famille Tenembaum ou Darjeeling Limited. Cependant, Wes Anderson n’en est pas à ses premiers films et la grande différence entre les deux réalisateurs se situe précisément là.

Souvenons nous que Rushmore sorti en 1999 est une réalisation qui campe bien l’univers d’Anderson, mais qui montre, surtout au regard de ces dernières productions, le chemin parcouru, depuis, par le réalisateur. Qu’a cela ne tienne, malgré ses bonnes intentions, le scénario reste assez léger et certains événements auraient mérité bien plus de profondeur. De plus, quelques rencontres restent énigmatiques, voire sans grand intérêt pour le nœud dramatique de l’histoire. Peut-être est-ce la peur de Matt Aschton de ne pas assez caractériser son propos au point de vouloir trop en faire ? La question reste en suspend.

Les acteurs restent globalement bons. Paul Dano nous refait le quasi-autiste de Little Miss Sunshine et colle parfaitement à son rôle d’handicapé de la vie. D’ailleurs la psychologie de son personnage rappelle celui d’Andrew Largeman dans Garden State de Zack Braff avec Natalie Portman.La belle Zoey Deschannel, rafraîchissante dans son rôle de fille délurée mais frustrée par sa vie qu’elle n’arrive pas à maîtriser. Son père est interprété par un John Goodman, impeccable et d’une constance inébranlable, qui en fait un des piliers du film.

En fin de compte, mis à part John Goodman, les personnages manquent invariablement d’épaisseur et c’est un reproche de plus que l’on peut faire à cette comédie.Quoi qu’il en soit, ce premier opus reste un essai intéressant qui pourrait présager de belles réalisations par la suite pour ce jeune réalisateur si celui-ci consent à étoffer un peu plus ses scénarios et la caractérisation de ses personnages. Matt Aselton réussit à faire un film joyeux et mélancolique à la fois, qui même s’il ne tire pas son épingle du jeu, reste une comédie sentimentale fraîche et cela malgré un sujet maintes fois narré. Cette comédie légère fera passer un bon moment à tous les spectateurs ne serait -ce que pour le charme tout en douceur de Zoey Deschannel ou le charisme scénique de John Goodman.

« Gigantic », film américain de Matt Aselton avec Paul Dano, John Goodman et Zoey Deschanel. Sortie prévu le 6 Janvier 2010.

Steve Suissa : « Si je n’avais pas fait de films, j’aurais fait des casses »
Hommage post-mortem à Merce Cunningham
Romain Giuseppone

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *