Cinema
« Fried Barry » de Ryan Kruger : sexe, drogue et aliens [critique]

« Fried Barry » de Ryan Kruger : sexe, drogue et aliens [critique]

21 septembre 2020 | PAR Simon Théodore

Lors du premier week-end du fantastique de Strasbourg, Fried Barry, le dernier film du réalisateur sud-africain Ryan Kruger ouvrait les séances de minuit. Sexe, drogue et alien, sans oublier les rires, constituent le cocktail de cet objet cinématographique non-identifié.

« Un cocktail de drogues et d’aliens ». Ainsi, était présenté le dernier film de Ryan Kruger lors de l’avant-propos de la séance de minuit de ce premier week-end du fantastique de Strasbourg. À cette brève description pour le moins intrigante, la séquence filmée pour le préambule informe du caractère pornographique de certaines scènes. Sans aucun doute, les amateur des fameux « films de minuit » se voient prêt à être plongés dans un univers complètement déjanté, fidèle au genre.

Fried Barry (Gary Green), héroïnomane marié et père d’un enfant, se retrouve enlevé par des extra-terrestres alors qu’il est en plein trip. Lors de sa redescente sur Terre, il erre dans les rues de Cap Town, en Afrique du Sud. Il (re)découvre alors le monde qui l’entoure, incarnant à la fois l’être défoncé qu’il est et l’extraterrestre qui a investit son enveloppe corporelle. Au menu de ses pérégrinations : sexe avec des prostituées, rencontre avec un psychopathe enleveur d’enfants ou encore un passage dans un hôpital psychiatrique… Autant de situations rocambolesques permettant au film d’acquérir un rythme, parfois soutenu mais non sans longueurs, et surtout de bénéficier d’effets comiques réussis. Preuve en est, les nombreux rires habituels animant ces séances si particulières….

À l’origine du projet de Ryan Kruger, se trouve un court-métrage surréaliste de trois minutes, beaucoup plus glauque et dérangeant que le long métrage,  et une volonté de le transformer en un véritable film, laissant place à de fréquentes phases d’improvisation pour les comédiens. Malgré quelques scènes peu intéressantes et sans véritable intérêt – Fried Barry pourrait durer une demi-heure de moins – ce long métrage du réalisateur sud-africain multiplie les références au septième art et à la culture populaire. Du clip de « Smack my Bitch Up » de Prodigy à l’univers de H.R.Giger en passant par Massacre à la Tronçonneuse ou Vol Au-Dessus d’un Nid de Coucou, certains moments sont familiers, apportent du charme et un sentiment de déjà-vu. L’autre point fort du film est la performance du protagoniste principal, interprété par Gary Green. Avec peu de dialogues, l’acteur est chargé de faire passer ses émotions, ses étonnements et son ressentiment, à travers sa gestuelle et ses grimaces, évoquant parfois  les expressions faciales d’un certain Jim Carrey. Grand, fin, les cheveux longs et le visage creusé, son physique atypique permet ainsi de ressentir de l’empathie pour Fried Barry.

Il est parfois difficile de reconnaître les vertus de ces « midnight movies ». En dépit de personnages et de scènes secondaires parfois peu intéressants et d’un manque d’effusion d’hémoglobine (la seule scène véritablement sanglante aurait pu être plus grandiloquente), force est de reconnaître l’originalité du scénario et que le moment fut agréable.

Fried Barry de Ryan Kruger. Avec Gary Green, Chanelle de Jager et Bia Hartenstein. Genre : comédie/horreur. Durée : 1h39.

Visuel : © Affiche du film

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