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Eva Melander, actrice de « Gräns (« Border ») : « Pour moi, un scénario est une carte à suivre »

Eva Melander, actrice de « Gräns (« Border ») : « Pour moi, un scénario est une carte à suivre »

15 mai 2018 | PAR Alexis Duval

Entretien à Cannes avec l’actrice suédoise, Eva Melander, héroïne du film d’Ali Abbasi, « Gräns (« Border »), en compétition, dans la sélection Un certain regard.

Apparue dans plusieurs séries nordiques (Bron, Real humans) et longs-métrages (L’Hypnotiseur  de Lasse Hallström), la Suédoise Eva Melander, également actrice de théâtre, a fait sensation à Cannes dans Gräns (Border), d’Ali Abbasi. En compétition dans la section Un certain regard, le film met en scène une douanière aux dons olfactifs surnaturels. Retrouvez la critique du film ici.

Comment vous êtes-vous retrouvée dans Gräns (Border), long-métrage dont vous êtes le personnage principal ?

J’ai simplement participé à un casting. J’ai lu la nouvelle de John Ajvide Lindqvist dont le film est adapté, elle m’a beaucoup plu. J’avais déjà lu plusieurs de ses textes, à la frontière entre réalisme et surnaturel. Puis j’ai lu le scénario, qui a attiré ma curiosité : comment le réalisateur, Ali Abbasi, allait procéder ? Pour moi, je vois un scénario comme une carte à suivre. J’ai ensuite rencontré mon partenaire de jeu, l’acteur finlandais Eero Milonoff, avec qui il y a eu une sorte d’alchimie.

Eero Milonoff, justement, joue l’alter-ego de votre personnage…

Nous avons discuté chacun de notre côté avec Ali Abbasi. Nous avons eu une semaine de répétition, mais nous avons assez peu échangé tous les deux sur la manière d’aborder le rôle.

Vos deux personnages ont une allure repoussante, vous êtes tous les deux extrêmement méconnaissables… Quelles étaient les contraintes de votre maquillage très épais ?

C’était dur, mais drôle ! Pendant le tournage, je portais des prothèses sur le nez, sur les joues, le menton… J’en avais partout ! Chaque matin, je me levais à 4 heures et passais quatre heures à me faire maquiller. Et dans la journée, il fallait faire des retouches régulièrement. J’ai toujours été fascinée par l’idée de me transformer, avec ou sans masque. Et trouver des moyens d’exprimer des émotions à travers cette couche constituait un véritable défi. Dix fois par jour, je demandais au réalisateur : “Ca fonctionne ? Tout va bien ?” Il faut dire que le personnage que je joue n’est pas à l’aise avec la communication.

Comment décririez-vous le personnage que vous interprétez ?

Tina a beaucoup de tristesse en elle. Elle sait qu’elle est différente. C’est un personnage qui a réprimé un grand nombre de sentiments et qui cherche à se rendre invisible du fait de sa laideur. C’est un film qui évoque la question de l’identité. Comme beaucoup de gens qui en souffrent, Tina n’a pas l’impression qu’elle n’appartient à la société humaine dans laquelle elle vit. Elle se sent clairement plus en lien avec les animaux et la nature qui l’entoure. C’était intéressant pour moi de jouer avec les différentes strates de l’histoire et de la personnalité de Tina.

Pendant le tournage, aviez-vous accès aux images de vous ?

J’ai tellement insisté que le réalisateur a fini par céder et me les montrer ! Je pense que j’en avais besoin pour comprendre mon jeu.

Visuel : Alexis Duval

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