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Walk Away Renée de Jonathan Caoutte sort en Dvd

Walk Away Renée de Jonathan Caoutte sort en Dvd

15 septembre 2012 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

Renée est une femme qui voudrait être comme les autres. Mais, à cinquante-huit ans, d’importants troubles bipolaires et schizophréniques, qui remontent à sa jeunesse, ont fait d’elle une habituée des hôpitaux psychiatriques et des centres d’accueil. Derrière cette femme perturbée se cache une très belle personne et une mère aimante, celle du réalisateur, Jonathan Caoutte. Ce dernier entreprend de faire traverser en camion tous les États-Unis à sa mère du Texas à New York pour passer des vacances avec elle avant de la placer dans un autre centre d’accueil, plus proche de chez lui.

Ce second film de Jonathan Caoutte, après Tarnatio,n confirme le talent du jeune réalisateur, sa grande sensibilité et son amour de sa famille. C’est un cinéaste de l’intime, qui filme ce qui le touche, ce qui l’affecte. Ce faisant, il transmet ses émotions aux spectateurs car, au delà de son histoire personnelle, c’est l’histoire universelle de la difficulté de vivre qui se profile. Il filme au plus près des personnages, caméra à l’épaule, en lumière naturelle ce qui donne un aspect très réaliste donc proche du documentaire, que viennent contredire des images psychédéliques qui s’intercalent et nous permettent de plonger dans l’univers de Renée. Sur le plan visuel, le montage très haché  emploie la photographie et différents supports vidéo et pellicule. Sur le plan sonore, une bande originale très hippie et un son parfois diégétique nous emmène avec nostalgie  dans le périple des personnages à travers les États-Unis. Ce film comprend de très belles expérimentations comme lorsque les photos du passé de Renée sont projetées dans des bulles de savon. Les mélanges de couleurs dans les premières séquences psychédéliques rappellent Sueurs froides d’Hitchcock. Quand au scénario, il fait un peu penser à celui de Rain Man de Barry Levinson en plus atypique.

Le réalisateur dénonce le système de santé américain qui abandonne ses patients sitôt sortis de leurs services, ne prend aucun risque d’ordonnance et leur administre des surcharges de médicaments. La malade est en réalité totalement lobotomisée, mal soignée et seule sa famille peut faire quelque chose pour prendre soin d’elle. Il n’y a que l’amour qui soigne, tel pourrait être le message de ce film, de l’amour et de la patience. Une très belle histoire à ne pas manquer.Walk Away Renée: WAR, la guerre personnelle de Jonathan Caoutte.

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Sandrine et Igor Weislinger

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