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« Mother’s Day » de Charles Kaufman : La plus jolie des Mamans

« Mother’s Day » de Charles Kaufman : La plus jolie des Mamans

28 octobre 2020 | PAR Julien Coquet

Trois amies partent camper près d’un lac. C’est (bien sûr) sans compter la présence de dégénérés locaux… Rimini Editions publie ce film de Charles Kaufman dans un beau combo DVD & Blu-ray.

Elles sont trois trentenaires, autrefois lycéennes ensemble, séparées maintenant par les chemins différents qu’elles ont choisis. L’une travaille dans le cinéma, l’autre est gouvernée par une mère tyrannique et malade tandis que la dernière, Jackie, vivote à New York avec un petit ami comédien et voleur. Mais chaque année, le fameux weekend entre filles permet de décompresser. Tout le monde en voiture : direction Deep Barons pour faire du camping sauvage. Attaquées par deux frères dégénérés en pleine nuit, les jeunes filles vont bien devoir se défendre…

Réalisé en 1980 par Charles Kaufman, le frère du patron de Troma, la boîte de production de films d’horreur à faibles budgets, Mother’s Day sent bon les grandes années du film d’horreur. On sent d’ailleurs quelques inspirations, tels deux duellistes de banjo présents à une station-service, qui rappellent Délivrance de John Boorman (1972). L’accent est d’ailleurs mis sur ces deux rednecks de frères, éduqués par une mère omniprésente (Beatrice Pons en grande forme), les entrainant à la défendre contre une mystérieuse Queenie, la sœur qui vit maintenant dans les bois.

La première moitié du film joue constamment à désamorcer les attentes du spectateur. Le petit copain de Jackie l’attaque par surprise dans son dos, puis la couvre de baisers ; Jackie se plante un faux couteau dans le dos en pleine forêt pour surprendre ses deux amies… On joue donc à se faire peur. Et la dimension du jeu réapparaîtra plus tard, les deux frères forçant Jackie à jouer à la « scène du banc public » ou à « Shirley Temple » (on vous laisse découvrir ces supplices). Au-delà de quelques longueurs, l’intérêt de Mother’s Day réside dans les différents registres qui se superposent. Charles Kaufman choisit l’humour pour certaines scènes tandis que d’autres sont réellement violentes et particulièrement dérangeantes, telle cette fin en « rape and revenge ». Le film marquera tant les esprits qu’il aura droit à son remake en 2010, signé Darren Lynn Bousman.

Mother’s Day, de Charles Kaufman, 1980, 1h30, Zone 2, Rimini Editions

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Julien Coquet

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