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Alice Guy – L’inconnue du 7ème art : dans les pas d’une pionnière

Alice Guy – L’inconnue du 7ème art : dans les pas d’une pionnière

08 février 2022 | PAR Marion Allard-Latour

Arte diffuse jusqu’au 12 mars un documentaire sur la première femme cinéaste au monde, Alice Guy. Signé par Valérie Urréa et Nathalie Masduraud, le film rend honneur à celle qui fut injustement effacée de l’histoire du 7ème art. 

Alice Guy avait l’allure des femmes bourgeoises de son temps. Chignon impeccable et robe style Belle Époque. Les photographies la montre sérieuse et déterminée. Née en 1873, la jeune femme voit son destin changer lorsqu’elle intègre, à l’âge de 21 ans, le Comptoir général de la Photographie. Au sein de cette maison, elle devient sténo-dactylo. Avec l’aval de Léon Gaumont et en dehors de ses heures de travail, elle commence à réaliser des scénettes dont La Fée aux choux, sorti en 1896. Cet événement marque le début d’une carrière qui sera semée d’embûches.

Un milieu d’hommes 

Seule femme dans un milieu d’hommes, Alice Guy continue son travail. Elle invente les premiers films comiques, qui rencontrent un franc succès. Les voix des comédiennes Agnès Jaoui et Maud Wyler accompagnent celle qui côtoya les frères Lumière et assista à la naissance du cinématographe. 

Côté vie sentimentale, Alice Guy rencontre le producteur britannique Herbert Blaché. Des décennies plus tard, elle revient sur cette période, non sans malice. Parallèlement, l’évolution technologique du cinéma se poursuit. En 1905, Alice Guy utilise un nouvel outil appelé le chronophone. Pour la première fois, elle peut enregistrer des voix d’acteurs ou de chanteurs. Ses talents sont multiples et il n’est pas rare qu’elle se rende dans des salles de projections pour voir les réactions du public. 

L’expérience américaine

L’épopée hexagonale d’Alice Guy s’arrête lorsque son époux est envoyé par Léon Gaumont aux États-Unis. Il doit promouvoir le fameux chronophone. Certains pensent qu’il s’agit d’une stratégie de Léon Gaumont pour qu’Alice Guy sorte par la petite porte. Même si son arrivée à New York est vécue difficilement, Alice Guy a de la ressource. La société américaine l’inspire. Elle filme tous les milieux avec humanité et justesse. 

En 1910, elle crée sa propre société de production, la Solax. À l’heure où Hollywood n’existe pas encore, Fort-Lee (New Jersey) devient l’eldorado du cinéma. Mais l’aventure prend vite fin et Alice Guy rentre en France. Personne ne reconnaît ce qu’elle a entrepris et son nom n’apparaît nul part. Ses oeuvres ont été perdues. Néanmoins, de récentes recherches ont permis d’en retrouver une centaine. Depuis, Alice Guy fait figure de modèle et de pionnière. Son avant-gardisme est salué par tous ceux à qui elle a ouvert la voie. 

Magnifiquement illustré par les dessins de Catell Muller, qui vient de sortir un livre sur Alice Guy, le documentaire restitue le parcours d’une femme hors du commun.

Visuel : © Catell Muller

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Marion Allard-Latour

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