Cinema

DONOMA : Cassavetes contemporain, Djinn Carrenard nous redonne espoir en la liberté cinématographique…

06 novembre 2011 | PAR La Rédaction

DONOMA est un film réalisé avec 150 euros de budget. Si vous fréquentez activement Facebook ou les sites dédiés au cinéma, vous ne pouvez pas l’avoir manqué. C’est le film qui buzze depuis un mois, qui tourne en festivals et fait son chemin vers les marches des cinémas, pour une sortie nationale prévue le 23 novembre.

150 euros ? Si, si. C’est vrai. Un film petit budget, mini budget même. Sans budget. Parce qu’aujourd’hui il faut des sommes faramineuses pour pouvoir « se payer » un film. Contrepoint et pied-de-nez à tous ceux qui pensaient que le projet était impossible, Djinn Carrénard -le réalisateur- s’est entouré d’une équipe de mordus de cinéma, de « guerrileros » comme ils se font appeler. Depuis, les séquences se sont enchaînées, les projections aussi et le film continue de tout faire pour s’extraire des exigences du marché. Partant de là, une grande liberté s’apprivoise, liberté de tourner comme bon lui semble, sans texte et dialogues pré-écrits, liberté de diffuser son film comme bon lui semble et de refuser les demandes des boites de production qui l’incitaient à couper des scènes de ce petit bijou aujourd’hui célébré par les Cahiers du Cinéma et le Nouvel Obs. Il s’agit en un mot d’une success-story, qui a permis à un groupe de jeunes réalisateurs et comédiens de développer un projet de A à Z. Flash-mobs et investissement de chaque minute sont les mots clés de cette équipe qui a créé sa propre boîte de production, en grande partie auto-financé son film et surtout communiqué par des procédés inventifs, allant jusqu’à interloquer les passagers du métro parisien pour créer l’événement (voir une vidéo sur la page facebook du film).

Fruit d’un troisième montage, cet ovni qui sort en salle est prenant tant par cette force qui se révèle dans le projet porté à bout de bras par un groupe de révoltés du cinéma que par la qualité des huit acteurs qui évoluent depuis près de trois ans devant la caméra de Djinn -Jean-Loup de son vrai nom-. Un film multiforme et libre, qui présente l’histoire de trois couples : une prof et son élève, une agnostique et un messie, une photographe et son bel inconnu… On pense à John Cassavetes, en rupture avec l’industrie hollywoodienne, qui révéla Gena Rowlands dans des films comme Une femme sous influence (1974) ou Gloria (1980). Comme lui, Djinn Carrénard laisse libre place à l’improvisation et au flou qui rend ce long métrage saisissant de fraîcheur.

En un mot, DONOMA est une histoire fragmentée, une pièce chorale, que l’on découvre au gré des séquences, sur le site, en photographies et très bientôt en salle…

Donoma, de Djinn Carrenard, avec Emilia Derou-Bernal, Sékouba Doucouré, Salomé Blechmans, France, 2011, 2h13, sortie le 23 novembre 2011.

Valentine Umansky.

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