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Dinard, Jour 4 : rencontre avec l’équipe de Calvary, tour en Italie, palmarès et Opéra au programme du dernier jour

Dinard, Jour 4 : rencontre avec l’équipe de Calvary, tour en Italie, palmarès et Opéra au programme du dernier jour

12 octobre 2014 | PAR Yaël Hirsch

Encore une très belle journée sur Dinard où les 5 salles de projections ont fait salle comble de 9 heures du matin à plus de minuit. Le soir l’élégance des jurés et du public pour la cérémonie de clôture a apporté beaucoup de caractère à cette journée particulière.

La journée a commencé à 9h au cinéma l’Alizée avec la projection de Noble de Stephen Bradley. Le réalisateur est venu présenter son film avec son actrice principale Sarah Green érigée le soir en « it » girl du estival tant sa jupe en cuir et sa blouse blanche étaient parfaites. Mélodrame tiré de « faits réel » qui montre comment une enfant irlandaise des rues, maltraitée par son père, les nonnes, son mari, ne perd jamais la foi et finit, une fois ses enfants grandis, par se rendre au Viêt-Nam. Là elle accomplir sa vocation : organiser un orphelinat pour les enfants des rues. Une belle histoire qui fait un peu trop pleurer dans les chaumières et qui est vraiment trop surlignée pour constituer un vrai bon film. Pendant ce temps-là nous rations la masterclass du grand producteur producteur Steven Riley,  qui parlait de The Crying game, dans la salle attenante..

A 11h, nous avions rendez-vous sur la terrasse du Grand hôtel pour interviewer l’équipe de Calvary, notre film coup cœur du festival (voir notre live-report de vendredi). Ours brillant, cravaté de rouge dès le matin, le réalisateur, John Michael MacDonagh nous a donné une leçon passionnante de cinéma, a parlé de ses paysages, de ses vacances d’enfance, de ses prochains projets et de la manière dont les scandales sur les prêtres pédophiles ont transformé le rapport des Irlandais avec leurs Eglises. Vibrante, terriblement belle, et complètement passionnée, Marie-Josée Croze, qui joue un rôle clé dans le film nous a raconté avec verve comment elle envisageait son métier.

A 13h, l’horaire était mal choisi pour la projection de The trip to Italy, film dérivé de la série à succès de Michael Winterbottom où les acteurs (et imitateurs) Steve Coogan et Rob Brydon prennent le volant pour aller goûter de la bonne cuisine et imiter à table Marlon Brandon et Michael Caine. Si le premier volet  sur grand écran se passait dans le nord de l’Angleterre et faisait franchement rire, ce deuxième opus de cinéma fait une part moins belle à la nourriture (on en voit suffisamment pour saliver) et se montre un peu répétitif faute de laisser mieux voir les paysages. Quelques scènes hilarantes sont néanmoins à noter, notamment à Pompei… Mais le volume 2 n’est pas tout à fait aussi convainquant que celui du Parrain !

Petite pause le temps de prendre un peu de soleil et d’enfiler notre plus belle tenue et nous étions fin prêts pour la cérémonie de clôture. Postés en avant-première parmi la dizaine de photographes prêts à couvrir l’événement, nous avons vu arriver un jury très élégant (à noter : le succès du pantalon large, porté par Deneuve et  Croze, mention spéciale à Suzanne Clément pour sa jupe étroite et ses magnifiques chaussures) présidé avec grâce par une Catherine Deneuve qui a été ovationnée debout par une salle de grands fans. La remise des Hitchcock, ces jolies statuettes ventrues, a eu lieu en une heure exactement, couronnant The Goob de Guy Mynhill (voir notre article sur le Palmarès).

Elle a été suivie de la projection d’une comédie à la fois tendre, légère et parfaitement orchestrée : One chance, de David Frankel qui met en scène un jeune homme un peu pataud du pays de Galles, venu d’un milieu ouvrier et travaillant dans un magasin de téléphones mais qui a une vocation : une voix de ténor magnifique, et une grande chance : rencontrer Julz, la femme de sa vie, assez tôt pour qu’elle le soutienne dans son désir ma perçu par son entourage de vouloir faire de sa vocation son métier. Belle musique, navigations entre Venise et Port Talbot et sketchs biens menés étaient au rendez-vous de ce parfait film de clôture abondamment applaudi.

La soirée s’est finie par un cocktail dinatoire avec les équipes des films  au casino, beaucoup de conversations, autant d’anglais que de français, et un bar du Festival très plein jusque vers 3h du matin pour danser. A cette heure tardive et en attendant de rattraper les films primés que nous aurions ratés dans la semaine et qui repassent ce dimanche au Palais des Arts et du Festival, la vue sur la mer calme et les étoiles depuis la terrasse du Grand Hôtel au milieu d’une nuit indigo sera l’image que nous conserverons de cette magnifique 25ème édition du Festival du film britannique.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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