Cinema
[Dinard, jour 3] Le triomphe de Sing Street et la cérémonie de clôture

[Dinard, jour 3] Le triomphe de Sing Street et la cérémonie de clôture

01 octobre 2016 | PAR Yaël Hirsch

Jour de Palmarès que ce samedi 1ier octobre à Dinard où le film de John Carney, Sing Street a raflé 4 prix sur 5 : Hitchcock d’or, Prix du jury, Prix du Public et Prix de la Règle du Jeu. C’est le producteur du film qui a reçu les statuettes en l’absence du réalisateur et des acteurs. Présidé par Claude Lelouch, le jury du 27e festival du film britannique était jovial avec des fleurs dans les cheveux pour les femmes et même un haut chapeau en poils noir britannique pour Julie Ferrier. 

Temps brumeux pour commencer une journée solennelle de remise des prix !
A 9h30, après avoir longe le marché vivant du samedi, c’est un film d’avant-première que nous avons rattrapé, avec la présence matinale de son équipe. Mettant en scène un héros maniaco-dépressif qui tombe amoureux (excellent Matt Stathers), Hi-Lo Joe de James Kermack souffre d’avoir deux intrigues successives (la rencontre amoureuse puis la maladie) et de connaître des moments symboliques un peu trop marqués. Malgré cela, et malgré un défi à toutes les vraisemblances sociales qui sont normalement la signature du cinéma britannique, les personnages sont touchants et l’on a envie que le héros s’en sorte.

A 11h15, le soleil était de retour pour éclairer un nouveau film de la compétition : sorte d’Amélie Poulain dans un jardin anglais, This Beautiful Fantastic, de Simon Aboud, met en scène une charmante et rêveuse bibliothécaire (Jessica Brown Findlay), son vieux voisin maître de l’art du jardinage et leur cuisinier père célibataire. Il y a aussi comme ingrédients : le talent littéraire à confirmer et le jeune inventeur fou à séduire dans une fable aux coloris agréables mais qui fait tellement d’efforts pour créer un univers qu’elle en devient prévisible …

Après un déjeuner dans l’herbe verte au vent et sous le soleil de Bretagne, nous avons enchaîné avec un autre -film en avant-première : celle du film qui a ouvert officiellement le Festival plus tôt cette semaine. Avec un casting éblouissant (Antonio Banderas toujours vert, Pierre Niney, Goldshifteh Farahani…) Finding Altamira de Hugh Hudson part d’une histoire vraie : celle de Marcelino Sautuola, qui a découvert avec sa fille une grotte contenant des peintures rupestres en 1879. Homme de science, mariée à une épouse pieuse et très catholique, il va devoir convaincre les spécialistes de la préhistoire de son temps de l’importance de sa découverte. Très classique dans sa facture, Altamira remplit bien sa mission de nous renseigner sur les conditions de la découverte du Lascaux espagnol, qui a pu inspirer Picasso ou Barcelo. Film de réflexion sur l’art mais aussi de retour sur le positivisme du 19e siècle et son grand adversaire espagnol, l’Eglise, cette co-production hispano-britannique n’hésite pas à utiliser un peu de fantastique pour retracer le climat de la péninsule. Une réussite, qui devrait sortir en salle en France.

A 19h, l’heure du palmarès a sonné et les jurés, présidés par Claude Lelouch ont pu départager leur film gagnant parmi les 6 films de compétition. Apres avoir triomphé à Deauville, le mois dernier la fresque musicale irlandaise Sing Street a séduit tout le monde à Dinard : et le jury qui lui a remis son prix et le Hitchcock d’or et le public qui a voté pour cette histoire de jeunes des années 1980 qui échappent au quotidien morose de leur école très catholique en faisant de la musique et des clips. Un film entraînant, avec des héros jeunes et attachants.

De son côté, le jury concentré sur les courts-métrages et présidé par Marianne Denicourt a choisi Operator de Caroline Bartleet pour le prix shortcuts Tandis que le public a  élu comme court Balcony de Toby Fell-Holden. La séquence émotion de la cérémonie de clôture était dédiée au cascadeur Remy Julienne à qui Claude Lelouch a remis avec émotion le Hitchcock d’honneur du Festival. Le monsieur a déclaré un peu « trembler d’émotion » – pour la première fois- et vouloir « mourir en bonne santé » après toutes ces cascades. Alors que Away de David Blair a eu le prix du scénario, le prix de la Règle du Jeu, qui réunit plusieurs exploitants de cinéma a aussi été remis à Sing street, grand vainqueur de cette 27e édition.

visuels: YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]