Cinema
Deauville jour 6 : Night Moves, un film vert et noir de Kelly Reichardt

Deauville jour 6 : Night Moves, un film vert et noir de Kelly Reichardt

06 septembre 2013 | PAR Olivia Leboyer

Sur les planches, il est surtout question de l’arrivée de John Travolta, mercredi après-midi : on l’aurait vu descendre d’un hélicoptère, son bébé dans les bras ! Le Festival lui rend hommage ce vendredi, après celui de Larry Clark le 6, suivi par les Festivaliers les plus pointus.

Nous attendions avec beaucoup d’intérêt le film de la matinée, Night Moves (virées nocturnes) de Kelly Reichardt, dont nous avions adoré Old Joy en 2006. Dans Old Joy, deux amis de longue date se retrouvaient pour une randonnée en forêt : le temps de constater ce qui avait changé ou pas entre eux. L’un était casé, dans une vie à peu près normale, tandis que l’autre demeurait une sorte de clochard céleste. Moments de complicité intacts, moments d’incompréhension ou d’ennui, le film s’installait dans un rythme très doux et très inconfortable. Avec Night Moves, Kelly Reichardt s’intéresse cette fois à ce qui peut relier des individus, au-delà de l’amitié : l’engagement écologique. Trois jeunes gens, écologistes radicaux, se regroupent temporairement pour commettre une action d’éclat, l’explosion d’un barrage hydroélectrique. Deux garçons, l’un farouche et renfermé (Jesse Eisenberg, impressionnant), l’autre plus cool en apparence (Peter Sarsgaard), et une fille, de famille riche, dévouée à la cause de la nature (Dakota Fanning, très juste). Josh (Jesse Eisenberg), plein de certitudes, a conçu un plan clair, sans failles. Mais la réalité est plus ambiguë, et les choses se déroulent autrement. Entre la lumière d’un idéal et les ombres des actes, le film suit son cours, presque sans heurts, pour s’étirer jusqu’au cauchemar, tout en douceur.

Un film vert vraiment noir : une réussite ! Night Moves est également en compétition à Venise.

Night Moves, de Kelly Reichardt, Etats-Unis, 1H52, avec Jesse Eisenberg, Dakota Fanning, Peter Sarsgaard.

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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